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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 14:14

On rencontre au Sénégal, dans la filière fonio, deux systèmes de production de semences assez éloignés l’un de l’autre :

  • Les systèmes des producteurs d’une agriculture familiale plus ou moins traditionnels où le producteur conserve d’habitude ses propres semences prélevées au départ sur ses récoltes ;
  • Les systèmes formels dominés par les techniciens et la recherche.

Aucun de ses deux (02) systèmes n’implique à titre participatif tous les acteurs concernés. En effet, dans les systèmes existant, souvent la communication entre les acteurs est insuffisante pour ne pas dire inexistante.

Les préoccupations des différents acteurs semenciers

Rappelons les préoccupations principales des différents acteurs et de l’intérêt commun qui doit prévaloir pour piloter l’ensemble.

  • Les producteurs (trices) de fonio
  • Disposer des semences au moment opportun et à un prix abordable,
  • Performance satisfaisante pour les producteurs (trices) de fonio dans le cadre du type d’agriculture qu’ils (elles) pratiquent,
  • Minimaliser les risques de très mauvais rendements,
  • Obtenir des graines de qualité (aspects des graines, couleur, goût, coulure des graines, etc.),
  • Revenus monétaires par la production de semences.

  • Les Opérateurs semenciers
  • Multiplier les semences de base,
  • Distribuer/Vendre les semences,
  • Rentabilité financière croissante chaque année.

  • Les Chercheurs
  • Développer des variétés performantes sur le plan technique (variétés à haut rendement).

  • L’Etat
  • Définir et assurer les bases de fonctionnement de l’Agriculture en général.

La position du problème

Les opérateurs semenciers tendent à être dominants et collés à la recherche tandis que l’Etat tend à s’occuper soit de tout ou de rien finalement ! La voix des laissés pour compte, à savoir les productrices et producteurs familiaux de fonio s’entend peu.

Pourtant, ce sont ces productrices et producteurs familiaux qui sont les clients et, qui subissent les conséquences de la baisse de la qualité des semences et de leurs prix fluctuants d’une année à l’autre.

Mais pourquoi « les clients ne sont pas rois » dans ce domaine ?

L’alternative proposée par l’APF Fonio-Sénégal : Un système véritablement participatif

Systémique, participatif et itératif, l’APF Fonio-Sénégal prône une interaction entre acteurs de la chaîne semencière en clair que, tous les acteurs doivent être en communication tout en se concentrant sur leurs rôles principaux respectifs reposant surtout sur leurs compétences respectives.

La production et la redistribution de semences de fonio est un service spécialisé qui demande beaucoup de professionnalisme et de la rigueur pour vraiment servir les productrices et producteurs familiaux.

Il est important de trouver un équilibre entre participation paysanne et professionnalisme. Car une fausse lecture de la participation précisément l’intervention dans des domaines où on n’est pas compétent, comme le disait l’autre, met en danger la qualité du service.

Autrement, le professionnalisme ne doit pas servir de carte stratégique aux structures et personnes de pouvoir pour nuire aux intérêts des productrices et producteurs familiaux de fonio.

Ce système alternatif ne doit pas nécessairement sortir des systèmes formels, mais plutôt d’essayer de les réformer et d’intégrer la voix des productrices et producteurs familiaux de fonio.

Ce système alternatif passerait par les étapes suivantes :

  1. Choix des variétés de fonio à produire : La voix des productrices et producteurs familiaux dans ce choix est fondamental. Leurs besoins et préférences en la matière doivent être discutés directement avec les chercheurs qui apporteront leurs savoirs sur les nouvelles possibilités et innovations. Mais ils doivent bien « écouter, comprendre » ces productrices et producteurs familiaux car ce sont eux les clients qui achèteront ou n’achèteront pas les variétés de fonio qui seront développées. L’Etat supervise la recherche dans le sens de ne pas injecter inutilement de l’argent dans des recherches dont le produit ne sera pas d’utilité pour les productrices et producteurs familiaux de fonio.

  1. Production et Multiplication des variétés de fonio sélectionnées : La production de semences de fonio pour les variétés sélectionnées et/ou améliorées doit être assurée dans des conditions bien contrôlées. Les opérateurs semenciers doivent s’en occuper. Par contre la multiplication des semences dans des quantités nécessaires (quantités commerciales) serait laissée, contre juste rémunération, à des productrices et producteurs de fonio spécialisés, sous la supervision des services techniques (comme la séparation des différentes variétés et des semences ordinaires).

  1. Récolter, conditionner, conserver : Les productrices et producteurs multiplicateurs de semences de fonio récoltent et font les premiers pas du conditionnement. Les opérateurs semenciers supervisent le processus, collectent les semences de fonio, les conditionnent et les conservent dans des conditions optimales.

  1. Garantir et suivre la qualité physique et génétique des semences de fonio : Les productrices et producteurs de fonio ont intérêt à ce que la supervision du processus de multiplication par les opérateurs semenciers de fonio soit rigoureuse. Ceux-ci sont intéressé par un travail de qualité des multiplicateurs pour assurer la qualité de leurs produits. Ils vendront seulement si leurs semences sont meilleures et mieux adaptées aux objectifs des productrices et producteurs familiaux, que celles qu’ils trouvent sur le marché informel.

  1. La Certification : Un système de certification indépendant des opérateurs semenciers de fonio et supervisé par l’Etat (réglementation) donne à tous les lots de semences produits selon les règles, un label de qualité. Les productrices et producteurs familiaux de fonio doivent être représentés dans ce système de certification pour un suivi et contrôle interne (SCI).

  1. Redistribution et Information-conseil pour les productrices et producteurs familiaux : Les opérateurs semenciers de fonio vendent les semences à des prix peut-être plus élevés que ceux du marché informel (qui existe toujours !). Mais ils offriront en ce moment une qualité garantie. Puisqu’ils vivent de leur service, ils ont intérêt à offrir « un service sur mesure » par une bonne vulgarisation, en rendant accessible toute la diversité et la qualité exigées par les productrices et producteurs familiaux. Si ce travail ne se fait pas bien, les clients se tourneront vers le marché informel.

  1. Gestion administrative et financière : Au niveau des opérateurs semenciers de fonio, la bonne gestion va aussi de l’intérêt des productrices et producteurs familiaux car, une faillite les affecterait directement. Ne peut-on pas d’ailleurs imaginer une surveillance publique de la gestion des opérateurs semenciers de fonio ? La justification ne manquerait pas puisqu’il y’a un intérêt publique.

Evidemment, il s’agit de contours et pistes. Il s’agit également d’un processus par lequel il faudra aller pas à pas. Et de manière transversale, le dialogue avec les structures existantes est important puisqu’il y’a sans doute du savoir et des acquis.

Au cas où un système formel n’existerait pas ou ne montrerait pas d’ouverture du tout, il faudra lutter pour la sauvegarde et l’amélioration des semences traditionnelles de fonio en construisant des systèmes indépendants qui se fondent sur le savoir paysan (la pratique paysanne) avec la technique et la participation avec une organisation qui ne s’oppose pas à un suivi et contrôle interne rigoureux et régulier.

L’APF Fonio-Sénégal s’inscrit dans ce dernier cas quand t-on sait tous enjeux autour de la sécurité alimentaire dans le monde paysan, qui ne se fera effectivement sans passer par la maîtrise de toutes les composantes (sans exclusive) des chaînes de valeurs et de la filière fonio, grâce à la libération et l’autonomisation des productrices et producteurs familiaux de fonio.

Bibliographie :

  • « L’Aridité, une contrainte au développement », ORSTOM, Paris, 1992
  • 3 Actes du premier atelier sur la diversité génétique du fonio (Digitaria exilis Stapf.) en Afrique de l’Ouest », APGRI, Conakry, Guinée, 1998
  • Acacia – Revue de l’Agriculture Ecologique en Afrique, n°25, Novembre 2002
  • Guide du formateur pour la Gestion des Banques de Semences, Afrique Verte – FAO –Ministère du Développement Agricole, Direction des Cultures Vivrières, Niamey – Niger, Novembre 2007
  • Management of a seed bank, Trainings for the leaders of the groups, Inter Aide – AGRO Phalombe, AGRO 1.1.3 Seed Banks, Septembre 2009
  • Revue SPORE, N°154, CTA, Août-Septembre 2011.

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 15:38
  1. Principes de base

Il ne suffit pas de proclamer la primauté et la priorité accordées à l’agriculture pour son développement. Il faut en connaître la logique et les exigences..

L’agriculture est une activité organisée de production animale et végétale qui mobilise différents acteurs au cours de son déroulement : agriculteurs, éleveurs, OP, cadres techniques de conception et d’encadrement, chercheurs, formateurs, politiciens, commerçants, banquiers, transporteurs, etc.

Certains de ces acteurs interviennent au niveau d’impératifs, d’autres au niveau d’accélérateurs du développement agricole durable.

Les cinq (05) impératifs du développement agricole durable sont :

  • Les débouchés pour les produits agricoles,
  • L’amélioration des pratiques et techniques agricoles,
  • La disponibilité et la possibilité d’acquisition sur place des intrants et matériels agricoles,
  • Les stimulants à la production agricoles,
  • Les moyens de transport.

Qu’un seul de ces impératifs fasse défaut, et il ne peut avoir de développement agricole.

Les autres acteurs et intervenants agissent au niveau de cinq (05) accélérateurs du développement agricole durable :

  • Un système éducatif axé sur le développement durable,
  • Le crédit à la production,
  • L’organisation et l’action collective des paysans,
  • L’amélioration et l’expansion des terres agricoles,
  • La planification locale et nationale en vue d’un développement agricole durable.

Au-delà de leurs actions spécifiques, les interactions entre impératifs et accélérateurs doivent :

  1. Modifier le processus de production,
  2. Modifier le comportement des paysans,
  3. Modifier la nature des exploitations agricoles,
  4. Modifier les rapports entre coûts et profits dans chaque exploitation agricole pour stimuler le processus d’évolution de l’agriculture vers une agriculture véritablement durable.

  1. Position du problème

L’approche du développement agropastoral s’est faite jusqu’à présent en fonction de paquets technologiques dont l’efficacité avait été établie ailleurs, et que l’on s’efforçait généralement de vulgariser de façon indifférenciée dans n’importe quelle situation.

D’où les échecs répétés un peu partout : La diversité des situations ne pouvait se satisfaire d’un modèle uniforme.

En outre, même si la juxtaposition d’actions sectorielles (ouvrages hydrauliques, campagnes de vaccination, etc.) a été suivie d’effets positifs, les impacts sur les relations agriculture/élevage, sur les RNE n’ont pas suffisamment été prévus.

Cette faible capacité d’anticipation impose dès lors de réussir l’intégration de l’élevage à l’agriculture et vis versa.

L’activité d’élevage est caractérisée par la mobilité animale. Par exemple, la transhumance a été toujours décrite comme étant simplement un ajustement de l’offre fourragère aux besoins alimentaires des animaux.

Un tel cliché simplement par le fait que peu d’études approfondies avaient été menées sur la pratique de transhumance en tant que système productif.

Il ressort aujourd’hui que la transhumance est devenue une affaire de tous et non une spécificité des populations de tradition pastorale (peuls, touaregs, en particulier). Elle est devenue un enjeu majeur dans l’évolution des relations agriculture/élevage.

Ainsi, l’inadéquation du système actuel résulte d’une situation d’équilibre rompue depuis une cinquantaine d’années par une forte anthropisation du milieu biophysique.

En effet, le système agropastoral associant une agriculture extensive et un élevage sur parcours caractérisé par la mobilité, représentait jusqu’à une date récente, une adaptation culturelle et technique remarquable aux conditions climatiques aléatoires et à la faible anthropisation du milieu.

La sédentarisation progressive d’une grande partie des populations de tradition pastorale en vue de la recherche de la sécurisation foncière, la pratique de l’élevage par les agriculteurs de tradition, la vaine pâture (diurne, nocturne), l’élevage de contemplation, le vol de bétail, etc. sont autant de facteurs qui font que la productivité (agricole et pastorale) ne suit plus le rythme des besoins alimentaires des populations, et a comme corollaire la dégradation des RNE.

  1. Orientations pour régler le problème

Si des dispositions existent (lois, codes forestiers, fonciers, pastoral, etc.), leur mise en œuvre de concert avec les acteurs est loin d’être évidente. L’avènement de systèmes productifs réside dans la capacité de l’Etat, des programmes et projets, des ONGs à cette mise en œuvre :

  • Il apparaît la nécessité de mieux cerner la multiplicité des réalités concrètes sur le terrain comme préalable à toute action ;

  • La compréhension des pratiques mises en œuvre par les acteurs en est une voie. En effet, si la la technique peut être décrite indépendamment de l’acteur qui la met en œuvre, il n’en est pas de même des pratiques qui elles, sont liées à l’acteur et aux conditions dans lesquelles il exerce son activité.

  • Les producteurs, agriculteurs et/ou éleveurs devront très rapidement constater les améliorations.

Pour cela, les techniciens ont un rôle important à jouer. Ils ne seront plus simplement des exécutants de tâches ponctuelles, mais devront être des conseillers, et accompagnateurs sur le terrain, en clair de véritables animateurs du développement rural. Ils doivent enfin être aptes par leurs qualités à résoudre l’ensemble des difficultés qui se poseront.

Cheikh GUEYE Ingénieur agronome, Spécialisé en Protection de l’environnement et amélioration des systèmes agraires sahéliens Contacts : +221 77552 79 32 / +221 77 994 15 20 ctgnna@gmail.com

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 08:35
  1. Le contrat

Pour nous, le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes (physiques et/ou morales) s'obligent envers une ou plusieurs autres à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose. Le contrat présente alors trois (3) caractères fondamentaux:

  • la subordination de l'individu au groupe;
  • l'intervention du législateur;
  • la possibilité d'adaptation aux données économiques et sociales.

Le contrat est donc caractérisé par l’obligation d'une personne ou d'un groupe de personnes envers une autre personne ou un autre groupe de personnes. Les personnes obligées par le contrat se nomment contractants. Les notions d'obligation et de contractant sont alors fondamentales.

  1. L’agriculture contractuelle

Le concept d’agriculture contractuelle se fonde sur relation de confiance entre les producteurs et les entreprises privées. Ce qui peut prendre du temps et exiger beaucoup d’efforts.

Le concept d’agriculture contractuelle implique :

  • D’être disposé à respecter les accords,
  • De fournir les productions ou les produits au bon moment,
  • De résister à la tentation de vendre les productions ou les produits à d’autres acheteurs.
  1. L’accompagnement des producteurs

L'accompagnement est un processus de communication spontané, qui, prend place partout et en tout lieu, et que nous expérimentons chaque jour dans nos comportements de résolution des problèmes.

Accompagner une dynamique organisationnelle, c'est plus qu'enregistrer et mémoriser des informations. L'accompagnement est un processus qui est alimenté par des incitations, un nouveau cadre de vie et de travail, des modèles ou idéaux. En effet:

  • nous prenons conscience de nouvelles différences (différenciation) et,
  • entrevoyons de nouveaux liens (intégration) auxquels,
  • nous orientons notre action dans un but précis.

Dès lors, l'accompagnement de dynamiques organisationnelles est une pièce maîtresse dans l'échiquier du conseil. Les processus d'accompagnement ne deviennent efficaces que si nous prenons le temps:

  • d'identifier les qualifications clés: en effet, les objectifs de l'accompagnement doivent être dérivés des prestations devant être accomplies au poste de travail;
  • de combiner nos expériences et nos formations externes avec les activités d'encadrement. L'encadrement est compris ici comme un suivi de la dynamique organisationnelle, c'est à dire une forme d'orientation pédagogique ayant pour objet de mettre les personnes concernées en situation d'apprendre et de résoudre les problèmes de manière autonome.

Cet encadrement se fonde alors sur l'hypothèse selon laquelle l'application du principe de l'intervention minimum libère des potentialités chez le groupe.

  • de préparer le transfert dans la pratique du processus: encourager le processus, observer les perturbations, développer des programmes opérationnels, développer des opportunités d'apprentissage.

La qualité de l'interaction interne dans le groupe a pour effet de stimuler ou de bloquer la dynamique de groupe. Aussi, la capacité de performance dépend de la tendance du groupe au cloisonnement ou au contraire à la délitescence.

La dynamique organisationnelle devient difficile lorsque les relations personnelles s'enrayent.

Pour rendre active la dynamique organisationnelle, nous devons contrecarrer deux (2) tendances qui entravent de nombreux processus de groupe:

  • les relations horizontales: les individus souhaitent se voir confirmés dans leurs actes et tendent à aligner leurs attitudes et comportement sur la moyenne du groupe. Il faut que les opinions et attitudes divergent, la critique et l'opposition puisse être exprimés;
  • les relations verticales: pour éviter les conflits de pouvoir, les individus tendent à adopter un comportement axé sur la réciprocité. En effet, ils réagissent à un comportement dominateur en se soumettant.Les inégalités de pouvoir et les dépendances marquées structurent la communication de telle manière qu'il est souvent nécessaire de former des groupes mus par des intérêts de même ordre.

L'accompagnement de dynamiques organisationnelles met en jeu des processus individuels, sociaux et structurels. Il suppose que les savoirs acquis par l'individu soient enregistrés dans la mémoire de l'Organisation.

Il conduit donc à une transformation des processus et structures.

La propension et la réceptivité des organisations à l'accompagnement se reflète dans le comportement adopté par ces organisations face à l'information et à l'opposition.

Les discussions sur ce thème déclenchent généralement des initiatives de planification stratégique et des processus intenses de formation d'équipes.

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 12:39
  1. Le contrat

Pour nous, le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes (physiques et/ou morales) s'obligent envers une ou plusieurs autres à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose. Le contrat présente alors trois (3) caractères fondamentaux:

  • la subordination de l'individu au groupe;
  • l'intervention du législateur;
  • la possibilité d'adaptation aux données économiques et sociales.

Le contrat est donc caractérisé par l’obligation d'une personne ou d'un groupe de personnes envers une autre personne ou un autre groupe de personnes. Les personnes obligées par le contrat se nomment contractants. Les notions d'obligation et de contractant sont alors fondamentales.

  1. L’agriculture contractuelle

Le concept d’agriculture contractuelle se fonde sur relation de confiance entre les producteurs et la société AGROPHYTEX. Ce qui peut prendre du temps et exiger beaucoup d’efforts.

Le concept d’agriculture contractuelle implique :

  • D’être disposé à respecter les accords,
  • De fournir les productions ou les produits au bon moment,
  • De résister à la tentation de vendre les productions ou les produits à d’autres acheteurs.
  1. L’accompagnement des producteurs

L'accompagnement est un processus de communication spontané, qui, prend place partout et en tout lieu, et que nous expérimentons chaque jour dans nos comportements de résolution des problèmes.

Accompagner une dynamique organisationnelle, c'est plus qu'enregistrer et mémoriser des informations. L'accompagnement est un processus qui est alimenté par des incitations, un nouveau cadre de vie et de travail, des modèles ou idéaux. En effet:

  • nous prenons conscience de nouvelles différences (différenciation) et,
  • entrevoyons de nouveaux liens (intégration) auxquels,
  • nous orientons notre action dans un but précis.

Dès lors, l'accompagnement de dynamiques organisationnelles est une pièce maîtresse dans l'échiquier du conseil. Les processus d'accompagnement ne deviennent efficaces que si nous prenons le temps:

  • d'identifier les qualifications clés: en effet, les objectifs de l'accompagnement doivent être dérivés des prestations devant être accomplies au poste de travail;
  • de combiner nos expériences et nos formations externes avec les activités d'encadrement. L'encadrement est compris ici comme un suivi de la dynamique organisationnelle, c'est à dire une forme d'orientation pédagogique ayant pour objet de mettre les personnes concernées en situation d'apprendre et de résoudre les problèmes de manière autonome.
  • cet encadrement se fonde alors sur l'hypothèse selon laquelle l'application du principe de l'intervention minimum libère des potentialités chez le groupe.
  • de préparer le transfert dans la pratique du processus: encourager le processus, observer les perturbations, développer des programmes opérationnels, développer des opportunités d'apprentissage.

La qualité de l'interaction interne dans le groupe a pour effet de stimuler ou de bloquer la dynamique de groupe. Aussi, la capacité de performance dépend de la tendance du groupe au cloisonnement ou au contraire à la délitescence.

La dynamique organisationnelle devient difficile lorsque les relations personnelles s'enrayent.

Pour rendre active la dynamique organisationnelle, nous devons contrecarrer deux (2) tendances qui entravent de nombreux processus de groupe:

  • les relations horizontales: les individus souhaitent se voir confirmés dans leurs actes et tendent à aligner leurs attitudes et comportement sur la moyenne du groupe. Il faut que les opinions et attitudes divergent, la critique et l'opposition puisse être exprimés;
  • les relations verticales: pour éviter les conflits de pouvoir, les individus tendent à adopter un comportement axé sur la réciprocité. En effet, ils réagissent à un comportement dominateur en se soumettant.

Les inégalités de pouvoir et les dépendances marquées structurent la communication de telle manière qu'il est souvent nécessaire de former des groupes mus par des intérêts de même ordre.

L'accompagnement de dynamiques organisationnelles met en jeu des processus individuels, sociaux et structurels. Il suppose que les savoirs acquis par l'individu soient enregistrés dans la mémoire de l'Organisation.

Il conduit donc à une transformation des processus et structures.

La propension et la réceptivité des organisations à l'accompagnement se reflète dans le comportement adopté par ces organisations face à l'information et à l'opposition.

Les discussions sur ce thème déclenchent généralement des initiatives de planification stratégique et des processus intenses de formation d'équipes.

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 11:56

Un modèle doit suivre les données (BENZECRI et coll ; 1973). Pour mieux comprendre le concept de modèle, nous allons rappeler la définition donnée par le cybernéticien MINSKY (Encyclopédie International des Sciences et des Techniques, 1972) : « Pour un observateur O, un objet M est un modèle d’un objet A si M permet à O de trouver la réponse à des questions qu’il se pose sur A ».

Dès lors, cherchons à construire :

  • Dans un premier temps, un modèle explicatif, c’est à dire qui permet de remonter de l’effet à la cause en expliquant pourquoi tel effet s’est produit ;
  • Dans un second temps, un modèle prévisionnel permettant de déduire l’effet de la cause ;
  • Dans un troisième temps, un modèle de simulation opérationnelle, ou modèle d’action pour prévoir les effets produits par certaines causes appelées variables d’action et supposées sous contrôle.

La conception d’un modèle passe par 5 différentes phases d’élaboration que nous allons analyser comme suit :

Phase 1 : Phase de documentation

Tous les faits authentiques connus sur l’objet d’étude et son environnement sont soigneusement recensés et classés.

Phase 2 : Phase de rationalisation ou d’abstraction

Les données disponibles sont généralement de qualité différente, hétérogènes dans la forme comme dans le fond. Il est indispensable de normaliser la description des faits de façon à homogénéiser les sources de renseignement et développer les possibilités de comparaison.

Cette opération est délicate car si elle peut entraîner une perte de précision, elle ne doit pas en affecter l’exactitude.

L’analyse des faits précis peut conduire à découvrir des relations générales entre environné et environnement. On passe donc progressivement à une phase de conceptualisation qui fournit la trame du raisonnement déductif du modèle.

Phase 3 : Phase de conception

La conception d’un modèle découle de l’évaluation qualitative et quantitative des facteurs de contrainte pour l’objet étudié. En général, un petit nombre de facteurs de l’environnement a une influence déterminante sur le comportement de l’objet étudié.

Ce sont ces facteurs qu’il faut isoler, quantifier et hiérarchiser entre eux. Souvent ce sont des facteurs de marché, administratifs, financiers, de relations humaines, et politiques complexes.

La définition de leur influence sur l’objet étudié permet d’évaluer la signification d’un environnement donné pour celui-ci.

On parvient alors à établir les relations fonctionnelles principales entre l’objet d’étude et l’environnement en sélectionnant les combinaisons de facteurs de l’environnement, et pour l’objet d’étude les critères d’amélioration.

Le modèle devient donc l’équivalent d’une table de correspondance entre les valeurs instantanées des principaux facteurs de l’environnement de l’objet étudié et les types de réponse les plus probables de l’objet étudié (action/réaction).

Il s’agit de présenter un modèle simple permettant de décrire les relations privilégiées entre environnement et environné dans les termes les plus simples possibles à partir des faits tangibles et non pas des relations mathématiques hypothétiques.

En effet, le défaut des modèles mathématiques réside dans le manque d’informations sur les réponses précises de l’objet d’étude. Et pour combler ces lacunes, on est tenté de faire des interpolations et des extrapolations à partir d’un très petit nombre de situations réelles contrôlées. Encore que des résultats aient pu être obtenus, on doit admettre que ce type de modèle (mathématique) est fort peu maniable pour un non initié et dépasse rarement le champ déterminé d’observations pour lequel il fut conçu comme l’ont fait remarquer BENZECRI et coll.

Phase 4 : Phase de matérialisation et de validation

Bien qu’un modèle soit toujours une représentation abstraite et simplifiée, donc déformé d’un aspect de la réalité, il est cependant élaboré pour obtenir une meilleure connaissance de cette réalité. C’est pourquoi les résultats qui découlent de son utilisation doivent être confrontés avec les faits réels contrôlables pour juger de la validité du modèle.

Phase 5 : Phase d’exploitation

Lorsqu’un modèle est jugé satisfaisant après examen de toutes les déductions qu’il est possible de vérifier, son domaine d’application le plus sûr se situe dans les secteurs où les contrôles (suivi) ont lieu.

L’automatisation du traitement des calculs est une perspective intéressante à considérer (ARNAUD, FOREST et LAUNOIS, 1978).

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 11:50

Le concept de chaîne de valeur agricole décrit de plus en plus des approches cherchant à améliorer les perspectives commerciales des producteurs et accroître leurs marges bénéficiaires.

Une chaîne de valeur se distingue par le fait que :

  • toutes les relations sont coordonnées,
  • que chaque étape est source de valeur ajoutée,
  • et que le marché final est bien défini.

Dès lors, une chaîne de valeur est une succession d’étapes qui sont toutes sources de valeur ajoutée, coordonnées, à tous les niveaux de la production, de la transformation et de la distribution, et destinées à répondre à la demande du marché.

Tandis qu’une chaîne basique implique un producteur principal qui coordonne les approvisionnements destinés à un acheteur.

Cette approche permet de remédier aux faibles revenus des producteurs.

Les trois (03) principales caractéristiques d’une chaîne de valeur sont :

  • Coordination à toutes les étapes de la chaîne,
  • Valeur ajoutée à chaque étape,
  • Approche régie par les lois du marché, répondant à la demande locale, nationale et internationale des consommateurs.

Cependant, la Planification est la clé et une attention particulière doit être portée aux détails.

En outre, la Communication avec les autres maillons de la chaîne est essentielle, puisque si un seul maillon faillit, c’est toute la chaîne qui sera affectée.

Donc, les chaînes de valeur ne sont pas des associations caritatives comme le disait Andrew Shepherd en 2012.

L’opérationnalisation de cette approche de chaîne passe par l’agriculture contractuelle. Mais dans ce cadre là, il faut :

  • Etre disposé à respecter les accords,
  • Fournir les produits au bon moment,
  • Résister à la tentation de vendre à d’autres acheteurs.

Dès lors, il faut établir une relation de confiance entre les producteurs et l’entreprise ; ce qui peut prendre du temps et exiger beaucoup d’efforts.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 22:14

Autrefois, les connaissances basées sur l'expérience se transmettaient de père en fils sans qu'intervienne le milieu extérieur.

 

Maintenant l'évolution scientifique, sociale et culturelle est rapide; le jeune qui veut se former à l'agriculture de son époque doit s'ouvrir sur l'extérieur, et cette ouverture ne doit pas se limiter à la formation. C'est l'état d'esprit du futur agriculteur qui doit être ainsi et c'est pourquoi ce métier d'agriculteur exige toutes les qualités de l'homme.

Le métier d'agriculteur demande la mobilisation et la valorisation de toutes les capacités de l'être humain: savoir, savoir-faire et savoir-être; en d'autres termes, la connaissance, l'aptitude et l'attitude.

Aussi, l'Agriculteur d'aujourd'hui doit être à la fois:

 

  • Agronome: L'Agriculteur d'antan était un cultivateur; maintenant, il doit être un Agronome: la nuance est grande.

En effet, un Agriculteur possède des connaissances scientifiques et techniques qui lui permettent d'appréhender les problèmes qu'il rencontre chaque jour dans son activité.

L'Agriculture n'est pas un métier de recettes qu'il suffit de suivre; l'outil de travail est le milieu vivant et la nature est trop capricieuse pour être stable. Un bon agriculteur saura tirer profit de la nature sans la dégrader.

 

  • Gestionnaire: Pour désigner une exploitation agricole, on emploie maintenant le terme d'entreprise agricole.

En effet, les méthodes pour gérer une exploitation agricole sont les mêmes que dans d'autres secteurs d'activités et un exploitant agricole doit donc posséder les mêmes compétences qu'un entrepreneur de l'industrie.

Ceci est d'autant plus vrai actuellement où l'agriculture est très grande consommatrice de produits intermédiaires (matériel agricole, carburant, engrais, pesticides, …) et où les marges de rentabilité sont souvent très étroites pour bon nombre de productions.

 

  • Manager: Diriger une exploitation agricole demande les compétences d'un vrai chef d'entreprise; en effet, l'exploitant agricole doit savoir gérer le personnel, s'il y'a, et le matériel agricole.

Ainsi, l'organisation du travail doit être optimisée pour exploiter au mieux les facteurs de production (capital, travail, terre).

Par exemple un bon agriculteur choisira des productions qui lui permettent de répartir son travail et l'utilisation de son matériel toute l'année (planification des cultures et des tâches).

 

  • Homme de relations publiques: L'agriculteur ne doit pas rester isolé; il doit être en bonne relation avec tout le milieu professionnel (chambre de commerce, agences de financement, ministère de l'agriculture, centres de recherches, organisations paysannes, Ong, coopératives).

En effet, l'intégration dans le milieu professionnel permet d'une part de se tenir informé de la législation en cours et des décisions politiques, et d'autre part de participer activement à l'évolution du monde agricole.

 

  • Commerçant: Si certaines grandes productions ne posent pas de problèmes de débouchés (céréales et quelques produits maraîchers), un grand nombre de produits sont confrontés à la loi du marché, c'est à dire de l'offre et de la demande.

Même s'il existe aujourd'hui une organisation assez importante des marchés, un agriculteur qui sait vendre ses produits tirera un meilleur revenu qu'un agriculteur mauvais commerçant.

 

  • Homme de progrès: L'Agriculteur de demain ne vivra que s'il s'adapte aux nouveaux contextes économiques, sociaux et culturels; mais mieux encore que l'adaptation, c'est l'innovation qui peut lui permettre de réussir dans des créneaux jusque là sous-estimés. Un agriculteur dynamique sera un agriculteur novateur.

 

Toutes ces qualités qu'exige le métier d'agriculteur aujourd'hui peuvent paraître, de prime abord, trop nombreuses pour une seule personne. En effet, celles-ci sont essentielles pour réussir dans ce métier.

 

 

Aucune de ces qualités ne demande un don particulier et c'est grâce à une bonne formation agronomique et au dynamisme qu'un individu deviendra apte à assumer son entreprise agricole.

 

Cheikh Guèye

Ingénieur agronome/Environnementaliste

BP 28 Sédhiou (Casamance) - Sénégal

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 10:15

C’est sur une invitation de l’Union des Comités Ecologiques de la vallée de Mininky (UCEM), une organisation paysanne basée à Koungheul, que nous avons eu l’honneur d’animer le panel n°1 dont le thème est : « Quelles stratégies pour sauvegarder les semences paysannes face au phénomène de changement climatique ? ».

 

L’animation de ce panel s’inscrit dans l’initiative de l’UCEM qui a consisté à organiser du 05 au 07 février 2013, sa toute première édition de la Foire des semences paysannes, où nous avons également exposé dans un stand prévu pour l’URPROFOS des échantillons de semences de fonio cultivés à Sédhiou et, distribué des livrets de recettes culinaires à base de fonio de l’URPROFOS.

 

L’animation du panel s’est articulée sur quatre (04) points principaux qui ont été partagés dans l’ordre suivant:

 

-       Les niveaux de perception du concept de changement climatique

 

-       Le recueil des attentes des participants au panel par rapport au thème

 

-       Les stratégies d’adaptation pour sauvegarder les semences paysannes

 

-       L’expérience de l’URPROFOS pour la sauvegarde des semences paysannes.

 

 

1.    Les niveaux de perception du concept de changement climatique

 

Après avoir rappelé que ces dernières années, le changement climatique a dominé l’agenda international et marqué l’opinion politique, nous avons abordé la question des changements climatiques sous plusieurs angles :

 

 

Du point de vue historique, les données allant depuis la dernière glaciation à nos jours, ont permis de révéler que l’histoire climatique et écologique du Sahel a été jalonnée de changements plus ou moins marquants. Les repères temporels d’il ya 18 000 ans, puis d’il y’a 8000 ans, et d’il y’a 2000 ans à aujourd’hui ont permis de décrire les caractéristiques dominantes de cet environnement sahélien.

 

Les quelques décennies de sécheresse constatées depuis quelques temps auxquelles s’ajoutent des catastrophes hydro climatiques génèrent et entretiennent aujourd’hui une controverse : Selon certains, les conditions climatiques et écologiques actuelles sont les résultats « d’une modification climatique » ; D’autres par contre soutiennent qu’il s’agit « d’une anomalie inhabituellement longue dans le cours d’une fluctuation naturelle ».

 

Du point de vue paysan, l’appréciation globale de l’évolution du climat par les paysans et par les paysannes reste diverse et variée. Ainsi, les changements de l’environnement physique et biologique observés par les populations se situent pendant les grandes sécheresses de 1973-74 et de 1983-84 qui ont particulièrement marqué et ébranlé les systèmes agraires et les écosystèmes :  des orages violents, l’irrégularité des pluies, les sécheresses récurrentes, la perturbation dans la durée des différentes saisons de l’année, les périodes de semis, la disparition des points d’eau temporaires,  la dégradation des ressources végétales, la disparition progressive de la biodiversité, la baisse des rendements, la modification du système fourrager, les changements sensibles de la physionomie des paysages, la disparition de la faune, la paupérisation des ménages, l’effritement de la solidarité et du tissu social, la perte de confiance et la méfiance réciproque intra et inter communautés, etc.

 

 

Du point de vue institutionnel, l’impact du changement climatique est de plus en plus souvent considéré comme une nouvelle menace pour la sécurité et le développement. En particulier au Sahel où après des décennies au cours desquelles l’innovation technologique, l’ingéniosité et l’adaptabilité ont permis aux hommes de surmonter les cycles de pénurie, les effets du changement climatique posent aujourd’hui de nouvelles formes de menaces.

Ces menaces sont susceptibles d’avoir des répercussions négatives sur la croissance et le développement durable. Le continent africain apparaît comme « l’un des plus vulnérables au changement et à la variabilité climatiques ; cette situation s’exacerbant sous l’effet d’une faible capacité d’adaptation des Etats et d’une forte interaction entre de multiples pressions exercées à différents niveaux » (Plateforme intergouvernementale dur le Changement Climatique, PCC, 2007). Ce qui a conduit nos Etats à prendre sérieusement en compte cette nouvelle menace en élaborant respectivement des PANAs ou Plan d’Action National pour l’Adaptation aux changements climatiques.

 

 

Du point de vue scientifique et pratique, le phénomène des changements climatiques a été abordé dans le contexte Sahélien et sénégalais en particulier par les déterminants que sont la Pluviométrie, les Températures, le Vent.

La définition proposée à l’auditoire est celle extraite de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques qui est la suivante : On entend par « changements climatiques » des changements du climat qui sont attribués directement ou indirectement à une activité humaine altérant la composition de l’atmosphère mondiale et qui viennent s’ajouter à la variabilité naturelle du climat observée au cours des périodes comparables ;

 

En tout état de cause, l’idée retenue par les participants au panel est la suivante : si le phénomène de changement climatique n’est pas un paradigme au même titre que celui de « civilisation » ou encore de « développement », alors, ce sont les sociétés industrielles qui polluent les composantes atmosphériques et hydriques du climat, tandis que les sociétés sous-développées l’exposent à la désertification, conséquence d’une exploitation minière des sols et de la flore.

 

Face à ce résultat commun, obtenu par des moyens différents, mais aux impacts globaux, la problématique des changements climatiques devient véritablement une bioéthique universelle car les pauvres comme les riches seront finalement à la même enseigne.

 

 

 

2.    Le recueil des attentes des participants au panel par rapport au thème

 

Les attentes des participants peuvent être résumées comme suit :

 

-       Comment le paysan sénégalais peut-il accéder à des semences traditionnelles de qualité et à bons rendement ?

 

-       Comment les paysans doivent procéder pour avoir des semences résistantes aux maladies et au stress hydrique ?

 

-       Comment régler le problème de la conservation des semences paysannes ?

 

 

 

3.    Les stratégies d’adaptation pour sauvegarder les semences paysannes

 

Il ressort du panel qu’il n’y a aucun détour pour sauvegarder les semences paysannes si ce n’est le retour au système traditionnel de connaissances locales.

 

Avec du recul, l’on s’aperçoit que les approches respectivement technicienne et économique appliquées depuis quelques décennies n’ont pas suffisamment pris en compte le système traditionnel de connaissances locales.

 

En effet, malgré le développement technique et scientifique, le système traditionnel des connaissances empiriques est un élément essentiel de la gestion des ressources naturelles et des changements climatiques. L’assertion est d’autant plus vraie que l’application stéréotypée des connaissances scientifiques, notamment à travers différents projets de développement, a plus abouti à des échecs qu’à une maîtrise des changements climatiques.

Pour une large part, ces échecs viennent d’une « ignorance » scientifique du milieu paysan et d’un préjugé défavorable sur les connaissances locales et de leur rejet qui en a résulté.

 

Aujourd’hui l’idée s’impose que les paysans connaissent parfaitement leur environnement et ses ressources. Et le système de connaissances constitué, exploité et enrichi au fil du temps et de l’expérience des changements climatiques, mérite d’être décrypté dans ses différents éléments pour être mieux utilisé, valorisé.

Le phénomène des changements climatiques peut dès lors être perçu dans le contexte sénégalais comme le lieu de la manifestation de l’intelligence humaine pour la maîtrise des ressources naturelles et de l’environnement que cette intelligence tente de mieux connaître à cette fin.

 

Aussi, il est ressorti du panel, des stratégies de sauvegarde des semences paysannes basées à la fois : 

 

-       sur les connaissances traditionnelles locales,

 

-       sur un retour à une agriculture naturelle,

 

-       et enfin sur un système semencier participatif qui part « d’en bas » (des producteurs) et non qui « vient d’en haut » (de la recherche).

 

Ensuite, il a été passé en revue à travers un autre tour de table des productrices et producteurs présents au panel, une description de pratiques traditionnelles de sauvegarde des semences paysannes résumées comme suit :

 

-       Le choix de la période du mois lunaire où il faut récolter la partie du champs qui sera conserver comme semence pour l’année suivante,

 

-       Les méthodes traditionnelles de construction de grenier pour abriter les semences,

 

-       L’intégration de l’élevage et l’agriculture pour une meilleure valorisation des résidus des récoltes et des fécès des animaux d’élevage,

 

-       Les pratiques traditionnelles de lutte contre les termitières au champ et contre le striga,

 

-       Les pratiques d’entretien, de réintégration et/ou de régénération des arbres dans les champs de culture (agroforesterie),

 

-       Ne pas brûler les résidus de récolte au champ, mais les laisser se décomposer naturellement jusqu’à la prochaine campagne de production agricole,

 

-       Le retour aux pratiques de respect et soins particuliers requis, traditionnellement accordées aux semences traditionnelles, etc.

 

 

4.    Etude de cas : Le processus de mise en place de la Banque de semences de fonio au niveau de

                                    l’URPROFOS dans la région de Sédhiou

 

A suite de notre expérience Ouest-africaine de la filière fonio (Koussanar, Kédougou, Mali, Burkina Faso, Togo), l’opportunité nous a été offerte d’être recrutée à partir du Burkina Faso le 18 octobre 2010 par l’ONG Belge VECO WA – Bureau de Dakar, pour rentrer au bercail et coordonner le développement institutionnel de l’URPROFOS dans la région de Sédhiou en Moyenne Casamance. L’URPROFOS fût créée le 24 septembre 2010 pour fédérer les efforts des 15 GIE de productrices et producteurs de fonio fondatrices dans le cadre de la chaîne de valeur autour du fonio.

Au niveau de cette union, notre première campagne « expérimentale » 2011 a permis d’observer, et analyser les pratiques paysannes pour en comprendre les déterminants et les logiques qui ont sous-tendus son déroulement (leçons et enseignements tirés des précédentes campagnes).

Aussi, partant de l’impératif de l’autonomisation de l’organisation paysanne avec tout ce que cela comporte, a émergé l’impérieuse nécessité d’une autonomie semencière paysanne pour le développement de la chaîne de valeur fonio. 

 

La présente expérience pour un système semencier participatif au service des productrices et producteurs familiaux de fonio s’inspire d’un document de réflexion élaboré par le coordinateur de l’URPROFOS, M. Cheikh Guèye intitulé « Pour un système semencier participatif au service des productrices de producteurs familiaux de fonio ».

C’est ainsi que la campagne expérimentale 2011 a été marquée entre autres, par l’identification des bases techniques et méthodologiques mais aussi institutionnelles de mise en place d’une banque de semences paysannes locales.

 

·         Au plan institutionnel :L’URPROFOS a un statut d’association donc à but non lucratif. Elle a créé l’UT Fonio-Sédhiou en tant qu’entreprise donc à but lucratif ayant pour vocation de servir de bras financier de l’union.

L’UT Fonio-Sédhiou  a été agréé comme opérateur semencier par l’autorité compétente (Ministère de l’Agriculture). Les contours du projet de banque de semences paysannes a également exposé et partagé avec la recherche à l’occasion de réunion de programmation scientifique annuelle du CRZ/ISRA de Kolda de 2011 et 2012 pour solliciter leur participation et leur facilitation voire leur accompagnement;

 

·         Au plan technique et méthodologique :C’est au cours des ateliers de lancement de chaque campagne de production de fonio que les préoccupations de la banque de semences et celles des productrices et producteurs sont partagées pour définir de manière concertée le choix des variétés à cultiver, le choix des multiplicateurs semenciers, la mise en place du système de suivi et contrôle interne des parcelles des producteurs et des multiplicateurs semenciers ;

Même si le choix de la majorité des productrices et producteurs de l’union porte sur la « Dibbon », nous avons identifié au total trois (03) principaux cultivars de fonio dans la région à dire d’expert c'est-à-dire des paysannes et paysans de la région : « Momo » (précoce de 2,5 mois), « Dibbon » (intermédiaire de 3 mois) et « Findiba » (tardif de 4 mois).

 

Un cahier de charge est en cours de préparation avec le réseau des multiplicateurs semenciers, ainsi que les outils de gestion de la banque de semences paysanne.

 

L’expérience suit son cours ……

 

Cheikh GUEYE

Coordinateur URPROFOS

Secrétaire Général APF Fonio-Sénégal

Mails : ctgnna@gmail.com ctgnna@hotmail.com cheikh72003@yahoo.fr

Tel : +221 339950080 / +221 779941520 /+221775527932 / +221762900099

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 22:23

La dichotomie et la tension qui caractérisent l’Histoire de l’Humanité dont celle de l’Afrique, se manifestent par la succession dans le temps, d’avatars conceptuels en dualité :

- Les blancs / Les noirs ;

- Peuples civilisés / Peuples non civilisés ;

- Pays développés / Pays non développés ;

- Pays du Nord / Pays du Sud ;

- Pays riches / pays pauvres ;

- "Pays Durables" / "Pays non durables" ! (pourquoi pas ?)

Mais que contiennent ces avatars conceptuels ? Les hommes et les femmes qui les ont pensé croyaient peut être que les gens ne comprendraient jamais intégralement ni l’opportunité, ni les modalités, ni les effets et conséquences qui les sous-tendent.

Aussi, ces dualités n’ont–elles pas pour base, les subtilités de l’âme humaine où cohabitent qualités et défauts, vertus et vices dans une lutte permanente ?

Si l’on admet que l’Esprit éclaire l’Ame qui, en retour nourrit le Corps, les qualités ou les défauts, les vertus ou les vices, intrinsèques de l’âme, sont autant d’institutions politiques qui éclairent "la lutte de ligne" de l’humain et/ou des groupes humains.

Cette lutte de ligne est dès lors orientée. Soit dans la voie Humaniste à ne pas confondre avec la Philanthropie: solidarité, partage, paix, gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement, etc.; soit dans la voie Non Humaniste ou "darwinisme social !": la faim, les conflits, les maladies, les pollutions diverses, la dégradation des ressources naturelles et de l’environnement.

La recherche des qualités et des vertus intrinsèques de l’âme oblige le déploiement d’efforts considérables qui au bout du compte fortifient les uns et les autres comme une citadelle au service de l'Humanité.

Cette perception (recherche de qualités et vertus intrinsèques de l’âme au service de l’Humanité sans exclusive) a pris forme en nous au fil de plusieurs d'années d’expérience au service du « monde paysan » sahélien d’Afrique de l’Ouest. Cette expérience a forgé en nous un apprentissage permanent au Service d’un Monde de plus-avoir généralisé, de mieux- être et de plus-être notamment pour « le monde paysan sahélien d’Afrique de l’Ouest ».

"Que Dieu le Tout Puissant, nous donne davantage la Force, et qu’Il nous accorde de Sa Grâce pour continuer à réaliser Sa Volonté sur cette petite planète-terre qui n'est rien d'autre qu'un couloir de passage qui mène à la Vie Eternelle." Amen.

………………………………………………………………..

« Créer et développer, Produire sans posséder, Agir sans retenir, Multiplier sans contraindre : Ceci se nomme vertu mystérieuse. »

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 15:03

Pendant la période coloniale, malgré quelques sécheresses catastrophiques qui l’ont été d’autant que l’agriculture était axée sur les cultures de rente, cette agriculture a atteint ses objectifs coloniaux d’approvisionnement de la métropole en ces produits de rente.

 

Si après l’indépendance, l’agriculture est aujourd’hui incapable de réaliser l’autosuffisance alimentaire qui est son objectif premier depuis la grande sécheresse de 1973, il faut admettre que cet échec est le résultat de l’inadéquation des politiques et stratégies mises en œuvre et qui ont été incapables de lutter contre les sécheresses et les autres aléas et de faire évoluer les pratiques des petits paysans.

Tout cela n’est pourtant qu’une question de volonté, de priorité donnée à l’agriculture à l’échelle des valeurs.

Si l’agriculture ivoirienne a atteint ses objectifs alimentaires et de rente, c’est ce qu’a compris Feu Houphouet Boigny, qui seul en Afrique de l’Ouest a fait de l’agriculture et des agriculteurs le moteur du décollage économique de son pays.

Il ne suffit pas de proclamer la primauté et la priorité accordées à l’agriculture pour son développement. Il faut en connaître la logique et les exigences.

L’agriculture est une activité structurée et organisée de production animale et végétale qui mobilise différents acteurs au cours de son développement : agriculteurs, éleveurs, cadres techniques de conception et d’encadrement, chercheurs, enseignants-chercheurs, formateurs, politiciens, commerçants d’intrants agricoles et zootechniques, commerçants de produits agricoles, commerçants de matériels agricoles, des banquiers pour les crédits agricoles, les organisations d’agriculteurs, les transporteurs, etc.

Certains de ces partenaires du « monde agricole » interviennent au niveau des cinq (05) IMPERATIFS du développement agricole ci-dessous :

-           Débouchés pour les produits agricoles,

-           Changement constant de techniques,

-           Disponibilité et possibilité d’acquisition sur place des intrants et matériels agricoles,

-           Stimulants à la production pour les agriculteurs,

-           Moyens de transport ?

Qu’un seul de ces impératifs fasse défaut, et « il ne peut avoir de développement agricole ». Jusqu’où l’opérationnalisation de ces impératifs reste-elle compatible avec la qualité de l’environnement ? Qu’est cette qualité dans le cadre d’un développement durable ?

Les autres partenaires jouent leurs rôles au niveau des ACCELARATEURS du développement agricole qui sont également au nombre de cinq (05) à savoir :

-           Système éducatif axé sur le développement durable,

-           Crédit à la production,

-           Organisation et action collective des agriculteurs,

-           Amélioration et expansion des terres agricoles,

-           Planification nationale en vue du développement agricole.

Au-delà de leurs actions spécifiques, les interactions des deux (02) groupes de partenaires doivent nécessairement modifier :

Ø  Le processus de la production,

Ø  Les comportements des producteurs,

Ø  La nature des exploitations agricoles,

Ø  Les rapports de coûts aux profits dans chaque exploitation, et, le tout pour stimuler le processus d’évolution de l’agriculture.

Quels seront l’impact de toutes ces interactions sur la gestion des ressources naturelles et la qualité de l’environnement.

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