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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 11:56

Un modèle doit suivre les données (BENZECRI et coll ; 1973). Pour mieux comprendre le concept de modèle, nous allons rappeler la définition donnée par le cybernéticien MINSKY (Encyclopédie International des Sciences et des Techniques, 1972) : « Pour un observateur O, un objet M est un modèle d’un objet A si M permet à O de trouver la réponse à des questions qu’il se pose sur A ».

Dès lors, cherchons à construire :

  • Dans un premier temps, un modèle explicatif, c’est à dire qui permet de remonter de l’effet à la cause en expliquant pourquoi tel effet s’est produit ;
  • Dans un second temps, un modèle prévisionnel permettant de déduire l’effet de la cause ;
  • Dans un troisième temps, un modèle de simulation opérationnelle, ou modèle d’action pour prévoir les effets produits par certaines causes appelées variables d’action et supposées sous contrôle.

La conception d’un modèle passe par 5 différentes phases d’élaboration que nous allons analyser comme suit :

Phase 1 : Phase de documentation

Tous les faits authentiques connus sur l’objet d’étude et son environnement sont soigneusement recensés et classés.

Phase 2 : Phase de rationalisation ou d’abstraction

Les données disponibles sont généralement de qualité différente, hétérogènes dans la forme comme dans le fond. Il est indispensable de normaliser la description des faits de façon à homogénéiser les sources de renseignement et développer les possibilités de comparaison.

Cette opération est délicate car si elle peut entraîner une perte de précision, elle ne doit pas en affecter l’exactitude.

L’analyse des faits précis peut conduire à découvrir des relations générales entre environné et environnement. On passe donc progressivement à une phase de conceptualisation qui fournit la trame du raisonnement déductif du modèle.

Phase 3 : Phase de conception

La conception d’un modèle découle de l’évaluation qualitative et quantitative des facteurs de contrainte pour l’objet étudié. En général, un petit nombre de facteurs de l’environnement a une influence déterminante sur le comportement de l’objet étudié.

Ce sont ces facteurs qu’il faut isoler, quantifier et hiérarchiser entre eux. Souvent ce sont des facteurs de marché, administratifs, financiers, de relations humaines, et politiques complexes.

La définition de leur influence sur l’objet étudié permet d’évaluer la signification d’un environnement donné pour celui-ci.

On parvient alors à établir les relations fonctionnelles principales entre l’objet d’étude et l’environnement en sélectionnant les combinaisons de facteurs de l’environnement, et pour l’objet d’étude les critères d’amélioration.

Le modèle devient donc l’équivalent d’une table de correspondance entre les valeurs instantanées des principaux facteurs de l’environnement de l’objet étudié et les types de réponse les plus probables de l’objet étudié (action/réaction).

Il s’agit de présenter un modèle simple permettant de décrire les relations privilégiées entre environnement et environné dans les termes les plus simples possibles à partir des faits tangibles et non pas des relations mathématiques hypothétiques.

En effet, le défaut des modèles mathématiques réside dans le manque d’informations sur les réponses précises de l’objet d’étude. Et pour combler ces lacunes, on est tenté de faire des interpolations et des extrapolations à partir d’un très petit nombre de situations réelles contrôlées. Encore que des résultats aient pu être obtenus, on doit admettre que ce type de modèle (mathématique) est fort peu maniable pour un non initié et dépasse rarement le champ déterminé d’observations pour lequel il fut conçu comme l’ont fait remarquer BENZECRI et coll.

Phase 4 : Phase de matérialisation et de validation

Bien qu’un modèle soit toujours une représentation abstraite et simplifiée, donc déformé d’un aspect de la réalité, il est cependant élaboré pour obtenir une meilleure connaissance de cette réalité. C’est pourquoi les résultats qui découlent de son utilisation doivent être confrontés avec les faits réels contrôlables pour juger de la validité du modèle.

Phase 5 : Phase d’exploitation

Lorsqu’un modèle est jugé satisfaisant après examen de toutes les déductions qu’il est possible de vérifier, son domaine d’application le plus sûr se situe dans les secteurs où les contrôles (suivi) ont lieu.

L’automatisation du traitement des calculs est une perspective intéressante à considérer (ARNAUD, FOREST et LAUNOIS, 1978).

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