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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 15:38
  1. Principes de base

Il ne suffit pas de proclamer la primauté et la priorité accordées à l’agriculture pour son développement. Il faut en connaître la logique et les exigences..

L’agriculture est une activité organisée de production animale et végétale qui mobilise différents acteurs au cours de son déroulement : agriculteurs, éleveurs, OP, cadres techniques de conception et d’encadrement, chercheurs, formateurs, politiciens, commerçants, banquiers, transporteurs, etc.

Certains de ces acteurs interviennent au niveau d’impératifs, d’autres au niveau d’accélérateurs du développement agricole durable.

Les cinq (05) impératifs du développement agricole durable sont :

  • Les débouchés pour les produits agricoles,
  • L’amélioration des pratiques et techniques agricoles,
  • La disponibilité et la possibilité d’acquisition sur place des intrants et matériels agricoles,
  • Les stimulants à la production agricoles,
  • Les moyens de transport.

Qu’un seul de ces impératifs fasse défaut, et il ne peut avoir de développement agricole.

Les autres acteurs et intervenants agissent au niveau de cinq (05) accélérateurs du développement agricole durable :

  • Un système éducatif axé sur le développement durable,
  • Le crédit à la production,
  • L’organisation et l’action collective des paysans,
  • L’amélioration et l’expansion des terres agricoles,
  • La planification locale et nationale en vue d’un développement agricole durable.

Au-delà de leurs actions spécifiques, les interactions entre impératifs et accélérateurs doivent :

  1. Modifier le processus de production,
  2. Modifier le comportement des paysans,
  3. Modifier la nature des exploitations agricoles,
  4. Modifier les rapports entre coûts et profits dans chaque exploitation agricole pour stimuler le processus d’évolution de l’agriculture vers une agriculture véritablement durable.

  1. Position du problème

L’approche du développement agropastoral s’est faite jusqu’à présent en fonction de paquets technologiques dont l’efficacité avait été établie ailleurs, et que l’on s’efforçait généralement de vulgariser de façon indifférenciée dans n’importe quelle situation.

D’où les échecs répétés un peu partout : La diversité des situations ne pouvait se satisfaire d’un modèle uniforme.

En outre, même si la juxtaposition d’actions sectorielles (ouvrages hydrauliques, campagnes de vaccination, etc.) a été suivie d’effets positifs, les impacts sur les relations agriculture/élevage, sur les RNE n’ont pas suffisamment été prévus.

Cette faible capacité d’anticipation impose dès lors de réussir l’intégration de l’élevage à l’agriculture et vis versa.

L’activité d’élevage est caractérisée par la mobilité animale. Par exemple, la transhumance a été toujours décrite comme étant simplement un ajustement de l’offre fourragère aux besoins alimentaires des animaux.

Un tel cliché simplement par le fait que peu d’études approfondies avaient été menées sur la pratique de transhumance en tant que système productif.

Il ressort aujourd’hui que la transhumance est devenue une affaire de tous et non une spécificité des populations de tradition pastorale (peuls, touaregs, en particulier). Elle est devenue un enjeu majeur dans l’évolution des relations agriculture/élevage.

Ainsi, l’inadéquation du système actuel résulte d’une situation d’équilibre rompue depuis une cinquantaine d’années par une forte anthropisation du milieu biophysique.

En effet, le système agropastoral associant une agriculture extensive et un élevage sur parcours caractérisé par la mobilité, représentait jusqu’à une date récente, une adaptation culturelle et technique remarquable aux conditions climatiques aléatoires et à la faible anthropisation du milieu.

La sédentarisation progressive d’une grande partie des populations de tradition pastorale en vue de la recherche de la sécurisation foncière, la pratique de l’élevage par les agriculteurs de tradition, la vaine pâture (diurne, nocturne), l’élevage de contemplation, le vol de bétail, etc. sont autant de facteurs qui font que la productivité (agricole et pastorale) ne suit plus le rythme des besoins alimentaires des populations, et a comme corollaire la dégradation des RNE.

  1. Orientations pour régler le problème

Si des dispositions existent (lois, codes forestiers, fonciers, pastoral, etc.), leur mise en œuvre de concert avec les acteurs est loin d’être évidente. L’avènement de systèmes productifs réside dans la capacité de l’Etat, des programmes et projets, des ONGs à cette mise en œuvre :

  • Il apparaît la nécessité de mieux cerner la multiplicité des réalités concrètes sur le terrain comme préalable à toute action ;

  • La compréhension des pratiques mises en œuvre par les acteurs en est une voie. En effet, si la la technique peut être décrite indépendamment de l’acteur qui la met en œuvre, il n’en est pas de même des pratiques qui elles, sont liées à l’acteur et aux conditions dans lesquelles il exerce son activité.

  • Les producteurs, agriculteurs et/ou éleveurs devront très rapidement constater les améliorations.

Pour cela, les techniciens ont un rôle important à jouer. Ils ne seront plus simplement des exécutants de tâches ponctuelles, mais devront être des conseillers, et accompagnateurs sur le terrain, en clair de véritables animateurs du développement rural. Ils doivent enfin être aptes par leurs qualités à résoudre l’ensemble des difficultés qui se poseront.

Cheikh GUEYE Ingénieur agronome, Spécialisé en Protection de l’environnement et amélioration des systèmes agraires sahéliens Contacts : +221 77552 79 32 / +221 77 994 15 20 ctgnna@gmail.com

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