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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 21:27

Les acteurs du développement se rendent compte que l’on ne peut atteindre le développement économique et social si les femmes ne sont pas impliquées au même titre que les hommes, compte tenu des rôles multiples qu’elles ont dans la société (production, reproduction, communautaire). Elles prennent en charge l’éducation, contribuent pour une large part à la production et à la transformation agricoles, et sont de plus en plus impliquées dans le secteur informel (commercialisation des produits par exemple), etc.

En raison de cette contribution massive dans les secteurs sociaux et économiques, il faut renforcer (fortifier) leurs capacités d’intervention aux niveaux du ménage et de la communauté dont elles assurent la survie quotidienne. La pauvreté a un visage féminin car dans la mesure où les ressources sont limitées, les services sociaux sont relégués aux femmes qui par ailleurs s’investissent  dans la recherche de stratégies de survie.

Elle prend en compte les besoins pratiques et les intérêts stratégiques. Elle cherche à comprendre qui fait quoi, qui bénéficie de quoi, qui contrôle quoi. En clair, il s’agit par exemple de promouvoir le changement des lois discriminatoires envers les femmes ou de favoriser leur accès à la terre ou bien encore de soutenir l’accès des femmes à des positions de décision.

Dans ce sens, l’approche genre est venue remplacer l’approche IFD qui n’a pas donné les résultats escomptés. En effet, les politiques IFD visaient à intégrer les femmes dans les structures existantes et à satisfaire leurs besoins pratiques (alimentation, santé, allègement des tâches, etc.), l’objectif étant que les femmes améliorent leurs conditions de vie, tout en s’adaptant au contexte.  Ainsi, les femmes devaient s’intégrer à un environnement dominé par les hommes, environnement qui les maintenait dans la subordination. En effet, cette approche ne remettait pas en question les rôles sociaux et ne prenait pas en compte les intérêts stratégiques des femmes (statut, position). L’accent était mis sur la satisfaction des besoins pratiques et non sur la satisfaction des intérêts stratégiques.

L’approche Genre se veut globale et systémique, et consiste à faire des femmes, des agents de leur propre développement. Et c’est là que notre démarche s’intéresse aux intérêts stratégiques des femmes.

En effet, pour améliorer la contribution des femmes au développement et leur permettre d’en mieux bénéficier, il devient essentiel de mieux comprendre leurs besoins, de renforcer (fortifier) leur rôle dans la prise de décision au niveau des ménages, de la communauté et à l’échelle régionale, et de prendre en compte leurs priorités dans la définition des stratégies régionales et nationales.

En effet, notre perception du genre se fonde sur le fait que les différences, les rôles, les positions entre les hommes et les femmes découlent d’une construction sociale et culturelle, basée sur une inégalité fondamentale. Par conséquent, une approche de socialisation basée sur l’équilibre des relations entre les hommes et les femmes devrait aboutir à la construction d’une société plus juste et plus équitable. L’analyse sociale selon le genre devrait faciliter pour chacun, homme et femme, et à tous les niveaux, l’accès aux moyens et aux bénéfices du développement.

Il existe plusieurs outils d’analyse du genre parmi lesquels :

1.     La grille d’analyse de cycle de vie :Elle permet de comprendre comment les inégalités se construisent, de la naissance à la mort, dans la socialisation des garçons et des filles.

 

2.     La grille d’analyse de Harvard :Elle est conçue pour recueillir des données à des fins de diagnostic sur les activités menées par les hommes et les femmes, les bénéfices reçus, le contrôle exercé sur les ressources, les influences sociales, juridiques et religieuses.

 

3.     La grille d’acquisition de pouvoir par les femmes de l’UNIFEM : Développée par Sara Longwe, elle permet d’analyser le niveau d’égalité entre les hommes et les femmes dans l’accès et le contrôle des ressources, compte tenu de leur degré de participation dans le cadre des projets mis en place.

 

4.     Le Gender Analysis Matrix de l’UNIFEM (GAM) : Développé par Rani Parker, il permet d’analyser, avec la communauté, l’impact des projets sur les hommes, les femmes, les ménages, la communauté, en considérant 4 variables :

-       Les tâches,

-       Le temps mis à les accomplir,

-       Les ressources disponibles et acquises,

-       Les influences des changements induits par les projets au niveau culturel.

C’est un outil qui permet de développer la prise de conscience de l’impact spécifique des projets. Le GAM peut être utilisé avant, pendant et à la fin du projet.

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