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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 21:27

Les acteurs du développement se rendent compte que l’on ne peut atteindre le développement économique et social si les femmes ne sont pas impliquées au même titre que les hommes, compte tenu des rôles multiples qu’elles ont dans la société (production, reproduction, communautaire). Elles prennent en charge l’éducation, contribuent pour une large part à la production et à la transformation agricoles, et sont de plus en plus impliquées dans le secteur informel (commercialisation des produits par exemple), etc.

En raison de cette contribution massive dans les secteurs sociaux et économiques, il faut renforcer (fortifier) leurs capacités d’intervention aux niveaux du ménage et de la communauté dont elles assurent la survie quotidienne. La pauvreté a un visage féminin car dans la mesure où les ressources sont limitées, les services sociaux sont relégués aux femmes qui par ailleurs s’investissent  dans la recherche de stratégies de survie.

Elle prend en compte les besoins pratiques et les intérêts stratégiques. Elle cherche à comprendre qui fait quoi, qui bénéficie de quoi, qui contrôle quoi. En clair, il s’agit par exemple de promouvoir le changement des lois discriminatoires envers les femmes ou de favoriser leur accès à la terre ou bien encore de soutenir l’accès des femmes à des positions de décision.

Dans ce sens, l’approche genre est venue remplacer l’approche IFD qui n’a pas donné les résultats escomptés. En effet, les politiques IFD visaient à intégrer les femmes dans les structures existantes et à satisfaire leurs besoins pratiques (alimentation, santé, allègement des tâches, etc.), l’objectif étant que les femmes améliorent leurs conditions de vie, tout en s’adaptant au contexte.  Ainsi, les femmes devaient s’intégrer à un environnement dominé par les hommes, environnement qui les maintenait dans la subordination. En effet, cette approche ne remettait pas en question les rôles sociaux et ne prenait pas en compte les intérêts stratégiques des femmes (statut, position). L’accent était mis sur la satisfaction des besoins pratiques et non sur la satisfaction des intérêts stratégiques.

L’approche Genre se veut globale et systémique, et consiste à faire des femmes, des agents de leur propre développement. Et c’est là que notre démarche s’intéresse aux intérêts stratégiques des femmes.

En effet, pour améliorer la contribution des femmes au développement et leur permettre d’en mieux bénéficier, il devient essentiel de mieux comprendre leurs besoins, de renforcer (fortifier) leur rôle dans la prise de décision au niveau des ménages, de la communauté et à l’échelle régionale, et de prendre en compte leurs priorités dans la définition des stratégies régionales et nationales.

En effet, notre perception du genre se fonde sur le fait que les différences, les rôles, les positions entre les hommes et les femmes découlent d’une construction sociale et culturelle, basée sur une inégalité fondamentale. Par conséquent, une approche de socialisation basée sur l’équilibre des relations entre les hommes et les femmes devrait aboutir à la construction d’une société plus juste et plus équitable. L’analyse sociale selon le genre devrait faciliter pour chacun, homme et femme, et à tous les niveaux, l’accès aux moyens et aux bénéfices du développement.

Il existe plusieurs outils d’analyse du genre parmi lesquels :

1.     La grille d’analyse de cycle de vie :Elle permet de comprendre comment les inégalités se construisent, de la naissance à la mort, dans la socialisation des garçons et des filles.

 

2.     La grille d’analyse de Harvard :Elle est conçue pour recueillir des données à des fins de diagnostic sur les activités menées par les hommes et les femmes, les bénéfices reçus, le contrôle exercé sur les ressources, les influences sociales, juridiques et religieuses.

 

3.     La grille d’acquisition de pouvoir par les femmes de l’UNIFEM : Développée par Sara Longwe, elle permet d’analyser le niveau d’égalité entre les hommes et les femmes dans l’accès et le contrôle des ressources, compte tenu de leur degré de participation dans le cadre des projets mis en place.

 

4.     Le Gender Analysis Matrix de l’UNIFEM (GAM) : Développé par Rani Parker, il permet d’analyser, avec la communauté, l’impact des projets sur les hommes, les femmes, les ménages, la communauté, en considérant 4 variables :

-       Les tâches,

-       Le temps mis à les accomplir,

-       Les ressources disponibles et acquises,

-       Les influences des changements induits par les projets au niveau culturel.

C’est un outil qui permet de développer la prise de conscience de l’impact spécifique des projets. Le GAM peut être utilisé avant, pendant et à la fin du projet.

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 11:09

Voilà enfin ! Cette initiative que nous nourrissons depuis l'an 2000, et qui s'est enrichie avec une expériences ouest-africaine sahélienne au cours des dix (10) dernières années dis-je.

Le GIE FOCACE vient d'avoir sa reconnaissance officielle auprès des Autorités Administratives du Sénégal. En effet, il est enregistré par le Greffier en Chef du Tribunal Régional de Kolda sous le numéro SN-KLD-2011-C-609 le 23 novembre 2011.

 

Les activités que le GIE est autorisé à exercer sont:

 

- Commerce

- Agriculture

- Prestation de services

- Bâtiment

- Travaux publics (BTP)

 

Merci et à très bientôt !

 

Cheikh GUEYE

Directeur GIE FOCACE

Adresse: BP 28 Sédhiou (Casamance) - Sénégal

Contact: (Fixe) +221 33 995 00 80 / (Mobile) +221 77 552 79 32 / +221 76 290 00 99

Mails: ctgnna@hotmail.com cheikh.gueye@focace.over-blog.com cheikh72003@yahoo.fr

 

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 10:47

ETAT DES LIEUX DU SYSTEME SEMENCIER DU FONIO AU SENEGAL Pour un système semencier participatif au service des productrices et producteurs familiaux de fonio

 

On rencontre au Sénégal, dans la filière fonio, deux systèmes de production de semences assez éloignés l’un de l’autre :

 

  Les systèmes des producteurs (trices) d’une agriculture familiale plus ou moins traditionnels où le producteur (trice) conserve d’habitude ses propres semences prélevées au départ sur ses récoltes ;

 

 Les systèmes formels dominés par les techniciens et la recherche. Aucun de ses deux (02) systèmes n’implique à titre participatif tous les acteurs concernés.

 

En effet, dans les systèmes existant, souvent la communication entre les acteurs est insuffisante pour ne pas dire inexistante.

 

Les préoccupations des différents acteurs semenciers

Rappelons les préoccupations principales des différents acteurs et de l’intérêt commun qui doit prévaloir pour piloter l’ensemble.

 

Les producteurs (trices) de fonio

- Disposer des semences au moment opportun et à un prix abordable,

- Performance satisfaisante pour les producteurs (trices) de fonio dans le cadre du type d’agriculture qu’ils (elles) pratiquent,

- Minimaliser les risques de très mauvais rendements,

- Obtenir des graines de qualité (aspects des graines, couleur, goût, coulure des graines, etc.),

- Revenus monétaires par la production de semences.

 

Les Opérateurs semenciers

- Multiplier les semences de base,

- Distribuer/Vendre les semences,

- Rentabilité financière croissante chaque année.

 

Les Chercheurs

- Développer des variétés performantes sur le plan technique (variétés à haut rendement).

 

L’Etat

- Définir et assurer les bases de fonctionnement de l’Agriculture en général.

 

La position du problème

Les opérateurs semenciers tendent à être dominants et collés à la recherche tandis que l’Etat tend à s’occuper soit de tout ou de rien finalement ! La voix des laissés pour compte, à savoir les productrices et producteurs familiaux de fonio s’entend peu. Pourtant, ce sont ces productrices et producteurs familiaux qui sont les clients et, qui subissent les conséquences de la baisse de la qualité des semences et de leurs prix fluctuants d’une année à l’autre. Mais pourquoi « les clients ne sont pas rois » dans ce domaine ?

 

L’alternative proposée par l’APF Fonio-Sénégal : Un système véritablement participatif

Systémique, participatif et itératif, l’APF Fonio-Sénégal prône une interaction entre acteurs en clair que, tous les acteurs doivent être en communication tout en se concentrant sur leurs rôles principaux respectifs reposant surtout sur leurs compétences respectives. La production et la redistribution de semences de fonio est un service spécialisé qui demande beaucoup de professionnalisme et de la rigueur pour vraiment servir les productrices et producteurs familiaux. Il est important de trouver un équilibre entre participation paysanne et professionnalisme. Car une fausse lecture de la participation précisément l’intervention dans des domaines où on n’est pas compétent, comme le disait l’autre, met en danger la qualité du service. Autrement, le professionnalisme ne doit pas servir de carte stratégique aux structures et personnes de pouvoir pour nuire aux intérêts des productrices et producteurs familiaux de fonio. Ce système alternatif ne doit pas nécessairement sortir des systèmes formels, mais plutôt d’essayer de les réformer et d’intégrer la voix des productrices et producteurs familiaux de fonio. Ce système alternatif passerait par les étapes suivantes :

 

1. Choix des variétés de fonio à produire : La voix des productrices et producteurs familiaux dans ce choix est fondamental. Leurs besoins et préférences en la matière doivent être discutés directement avec les chercheurs qui apporteront leurs savoirs sur les nouvelles possibilités et innovations. Mais ils doivent bien « écouter, comprendre » ces productrices et producteurs familiaux car ce sont eux les clients qui achèteront ou n’achèteront pas les variétés de fonio qui seront développées. L’Etat supervise la recherche dans le sens de ne pas injecter inutilement de l’argent dans des recherches dont le produit ne sera pas d’utilité pour les productrices et producteurs familiaux de fonio.

 

2. Production et Multiplication des variétés de fonio sélectionnées : La production de semences de fonio pour les variétés sélectionnées et/ou améliorées doit être assurée dans des conditions bien contrôlées. Les opérateurs semenciers doivent s’en occuper. Par contre la multiplication des semences dans des quantités nécessaires (quantités commerciales) serait laissée, contre juste rémunération, à des productrices et producteurs de fonio spécialisés, sous la supervision des services techniques (comme la séparation des différentes variétés et des semences ordinaires).

 

3. Récolter, conditionner, conserver : Les productrices et producteurs multiplicateurs de semences de fonio récoltent et font les premiers pas du conditionnement. Les opérateurs semenciers supervisent le processus, collectent les semences de fonio, les conditionnent et les conservent dans des conditions optimales.

 

4. Garantir et suivre la qualité physique et génétique des semences de fonio : Les productrices et producteurs de fonio ont intérêt à ce que la supervision du processus de multiplication par les opérateurs semenciers de fonio soit rigoureuse. Ceux-ci sont intéressé par un travail de qualité des multiplicateurs pour assurer la qualité de leurs produits. Ils vendront seulement si leurs semences sont meilleures et mieux adaptées aux objectifs des productrices et producteurs familiaux, que celles qu’ils trouvent sur le marché informel.

 

5. La Certification : Un système de certification indépendant des opérateurs semenciers de fonio et supervisé par l’Etat (réglementation) donne à tous les lots de semences produits selon les règles, un label de qualité. Les productrices et producteurs familiaux de fonio doivent être représentés dans ce système de certification pour un suivi et contrôle interne (SCI).

 

6. Redistribution et Information-conseil pour les productrices et producteurs familiaux : Les opérateurs semenciers de fonio vendent les semences à des prix peut-être plus élevés que ceux du marché informel (qui existe toujours !). Mais ils offriront en ce moment une qualité garantie. Puisqu’ils vivent de leur service, ils ont intérêt à offrir « un service sur mesure » par une bonne vulgarisation, en rendant accessible toute la diversité et la qualité exigées par les productrices et producteurs familiaux. Si ce travail ne se fait pas bien, les clients se tourneront vers le marché informel.

 

7. Gestion administrative et financière : Au niveau des opérateurs semenciers de fonio, la bonne gestion va aussi de l’intérêt des productrices et producteurs familiaux car, une faillite les affecterait directement. Ne peut-on pas d’ailleurs imaginer une surveillance publique de la gestion des opérateurs semenciers de fonio ? La justification ne manquerait pas puisqu’il y’a un intérêt publique.

 

Evidemment, il s’agit de contours et pistes. Il s’agit également d’un processus par lequel il faudra aller pas à pas. Et de manière transversale, le dialogue avec les structures existantes est important puisqu’il y’a sans doute du savoir et des acquis. Au cas où un système formel n’existerait pas ou ne montrerait pas d’ouverture du tout, il faudra lutter pour la sauvegarde et l’amélioration des semences traditionnelles de fonio en construisant des systèmes indépendants qui se fondent sur le savoir paysan (la pratique paysanne) avec la technique et la participation avec une organisation qui ne s’oppose pas à un suivi et contrôle interne rigoureux et régulier.

 

L’APF Fonio-Sénégal s’inscrit dans ce dernier cas quand t-on sait tous enjeux autour de la sécurité alimentaire dans le monde paysan, qui ne se fera effectivement sans passer par la maîtrise de toutes les composantes (sans exclusive) des chaînes de valeurs et de la filière fonio, grâce à la libération et l’autonomisation des productrices et producteurs familiaux de fonio.

 

Bibliographie :

- « L’Aridité, une contrainte au développement », ORSTOM, Paris, 1992

-   Actes du premier atelier sur la diversité génétique du fonio (Digitaria exilis Stapf.) en Afrique de l’Ouest », APGRI, Conakry, Guinée, 1998

- Acacia – Revue de l’Agriculture Ecologique en Afrique, n°25, Novembre 2002

- Guide du formateur pour la Gestion des Banques de Semences, Afrique Verte – FAO –Ministère du Développement Agricole, Direction des Cultures Vivrières, Niamey – Niger, Novembre 2007

- Management of a seed bank, Trainings for the leaders of the groups, Inter Aide – AGRO Phalombe, AGRO 1.1.3 Seed Banks, Septembre 2009

- Revue SPORE, N°154, CTA, Août-Septembre 2011.

 

Présenté par:

Cheikh Guèye Ingénieur agronome/Environnementaliste

Coordinateur APF Fonio- Sénégal Contact : 00221 77 552 79 32 / 00221 994 15 20 / 00221 76 290 00 99 ctgnna@gmail.com cheikh72003@gmail.com ctgnna@hotmail.com

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 20:52

DECENTRALISATION ET PARTICIPATION POPULAIRE POUR UN DEVELOPPEMENT AGRICOLE DURABLE DU SENEGAL

  

La décentralisation remonte de très loin. Le premier statut communal, instauré en 1854, applicable à certaines communes, a lancé le mouvement de communalisation. L’unification des statuts des communes par le versement de toutes les communes dans la catégorie des communes de plein exercice n’interviendra qu’en 1960.

La politique de décentralisation a abouti à une responsabilisation plus accrue des populations dans la gestion de leurs terroirs et de ses ressources.

La loi n° 96-07 du 22 mars 1996 portant transfert des compétences aux régions, aux communes et aux communautés rurales, complète la loi 96-06 de la même année portant code des collectivités locales. L’innovation majeure est l’érection de la région en collectivité locale, ce qui demeure un trait particulier de la décentralisation sénégalaise.

Les neufs domaines de compétence ci-après sont transférés aux collectivités locales depuis le 1er janvier 1997 : la gestion et l’utilisation du domaine privé de l’Etat, du domaine public et du domaine national ; l’éducation, l’alphabétisation, la promotion des langues nationales et la formation professionnelle ; la santé, la population et l’action sociale ; la jeunesse, le sport et les loisirs ; la culture ; l’environnement et la gestion des ressources naturelles ; la planification, l’aménagement du territoire ; l’urbanisme et l’habitat.

Ce nouveau contexte juridico-administratif introduit par la décentralisation est un atout favorable pour repenser toutes les politiques et stratégies locales en matière de développement.

En effet, l’écart entre le discours et la pratique fait de la stratégie participative comme un mode vestimentaire ou un slogan politico-publicitaire quant à la prise en compte des préoccupations réelles des populations pour promouvoir le développement à la base. Et pourtant le discours participatif n’est pas nouveau :  « le modèle participatif de développement remonte à la fin de la première guerre mondiale dans les colonies britanniques et françaises » (J.P Chauveau, 1994).

En matière de développement rural, les arguments pour une plus forte participation des paysans, d’un point de vue qu’on pourrait appeler efficacité, sont les suivants :

-          En impliquant les paysans dans les projets/programmes de recherche, dans la conduite des expérimentations et dans l’évaluation des résultats, les chances que les innovations proposées soient adaptées à leurs contextes sont meilleures. Après tout, le paysan n’adoptera les innovations que si elles lui paraissent pertinentes ;

-          L’implication des paysans augmente leur motivation. Ils sont plus susceptibles de répondre aux propositions des développeurs si leurs propres points de vue sont respectés et si les divergences sont conciliées par le débat ;

-          Les méthodes participatives permettent d’exploiter les savoirs paysans ;

-          Les instituts de développement ont trop peu de moyens pour espérer pouvoir affiner les nouvelles techniques à des groupes cibles de plus en plus spécifiques. Il serait peu rentable de leur demander de produire eux-mêmes les connaissances détaillées pour tous les domaines de recommandation nécessaires pour couvrir toute la diversité et la complexité d’environnements difficiles ;

-          En encourageant la participation des paysans aux expérimentations et en présentant les résultats à ceux-ci sous une forme compréhensible, les développeurs renforcent la capacité des paysans à adapter les nouvelles techniques ;

-          Le rôle des paysans dans le développement de nouvelles technologies devient d’autant plus crucial et rentable que la technologie à développer devient plus complexe, comme par exemple dans le domaine des cultures associées ou l’agroforesterie ;

Un point de vue plus radical soutient que la participation implique davantage qu’un respect de savoir local. Elle porte aussi sur un partage des modes d’acquisition des connaissances. Il se fonde sur le concept de paysan constamment engagé dans un processus d’apprentissage de son environnement et de ses relations avec lui.

La quête de savoir est l’essence même de la nature humaine et l’Homme est par définition un chercheur constamment à la recherche d’un sens à donner à ce qui l’entoure et à expérimenter  dans la pratique les constructions mentales qui en résultent. Dans cette optique, le développeur est un collègue qui aide le paysan à améliorer son système d’apprentissage en partageant ses méthodes de travail.

Une autre dimension de la participation se situe au niveau politique et idéologique. Là, la participation joue franchement un rôle idéologique, abordant les problèmes de pouvoir. En dévoilant les limitations du savoir du développeur, elle s’oppose au pouvoir politique de l’expertise du développeur. Elle met les sentiments et les opinions populaires sous une forme aisément compréhensible et donc respectée par les développeurs et les décideurs politiques.

Elle part de l’idée qu’il faut avoir confiance en la population et en sa capacité à prendre ses propres décisions, et vise à modifier l’équilibre du pouvoir de décision en faveur des individus et des communautés rurales, en réduisant l’intervention des organismes officiels.

BIGGS (1989) a identifié quatre (4) types de participation paysanne dans le processus de recherche et développement :

  • Contractuelle : les développeurs passent un contrat avec les paysans pour utiliser leurs terres et leurs services ;
  • Consultative : les développeurs consultent les paysans sur leurs problèmes et élaborent ensuite des solutions ;
  • Collaborative : les développeurs et les paysans sont partenaires et collaborent dans le processus de recherche-action et développement ;
  • Collégiale : les développeurs s’attachent à renforcer les systèmes informels de recherche-action et de développement des paysans.

Dans le mode contractuel, la participation des paysans est minimale : ils fournissent les ressources, habituellement la terre, nécessaires aux développeurs pour leurs essais en milieu paysan ; essais que les développeurs gèrent eux-mêmes.

Le mode consultatif est d’habitude celui de la Recherche sur les Systèmes de Production.

La recherche participative dans le sens que nous lui donnons n’est ni l’un ni l’autre de ces modes. Elle procède soit du mode collaboratif, soit du mode collégial.

Le mode collaboratif implique une interaction permanente entre les développeurs et les paysans. Le diagnostic et l’évaluation sont réalisés avec les paysans, de manière permanente, et pas seulement au début et à la fin du projet. L’équipe est encouragée à repérer les paysans ayant une mentalité de développeur, et les technologies développées par les paysans sont activement suivies et intégrées dans le processus formel de recherche-action. Ce mode de collaboration requiert une très grande flexibilité dans la programmation et un changement de priorités du développeur en faveur de rencontres plus fréquentes avec les paysans.

Le modèle collégial, quant-à lui, se distingue par l’importance qu’il accorde à l’augmentation de la capacité des systèmes informels à mener par eux-mêmes des actions et à s’adresser aux systèmes officiels pour obtenir des informations ou des services. Ce mode est davantage un idéal qu’une réalité.  

Les visites de terrain effectuées et les conclusions des missions d’évaluation permettent d’affirmer que lorsque les conditions d’une participation effective ne sont pas réunies, on assiste à certaines formes de participation très préjudiciables à la bonne marche des activités de développement (B. Alpha GADO, septembre 1994) :

 

-          La participation formelle : Les populations auxquelles sont destinées les réalisations se présentent sur les sites pour la forme sans se sentir réellement concernées par la réussite des opérations.

-          La participation imposée : Même en cas de mobilisation effective des populations, elles participent aux travaux de peur de représailles ou sous la contrainte administrative (exécution d’un ordre pour éviter des sanctions).

 -          La participation provoquée : L’initiative vient généralement de l’extérieur. La mobilisation est effective ; mais elle ne se traduit pas par un engagement volontaire et responsable des populations. 

Dès lors, si l’on admet que la participation n’est effective que lorsque la mobilisation et l’engagement sont spontanés et que toute la communauté est impliquée dans le processus de développement en toute âme et conscience sans intervention extérieure. Dès lors, la prise en compte des réalités complexes du milieu par une approche globale, systémique s’avère incontournable. Cette approche systémique, en considérant différents niveaux d’organisation du milieu rural et/ou urbain, nous donne la possibilité d’appréhender les réalités locales à différentes échelles et nous conduit à réfléchir aux problèmes que pose le changement d’échelle dans le processus de développement.

Au plan vertical, nous nous sommes toujours démarqués de l’usage administratif des « décisions qui viennent d’en haut » (rencontres au sommet) au profit d’une large concertation.

Sur le plan horizontal, les communications entre techniciens, administratifs et politiques trouvent intérêt à être aussi larges que possible et ceci pour différents niveaux.

Cheikh GUEYE
Ingénieur agronome / Environnementaliste
Coordinateur URPROFOS [Union Régionale des PROductrices/teurs de FOnio de Sédhiou]
BP 28 Sédhiou
SENEGAL
Contact: Fixe: (00221) 33 995 00 80 Cell: (00221) 77 994 15 20 / (00221) 77 552 79 32
Secrétaire Général APF Fonio Sénégal [Association pour la Promotion de la Filière Fonio au Sénégal - Récépissé d'Association N°12 305/M.INT/DAGAT/DEL/AS du 28/11/2005]
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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 22:27

URPROFOS

Union Régionale des PROductrices (teurs) de FOnio de Sédhiou

BP 28 Sédhiou - SENEGAL

Téléphone :        Fixe (00221) 33 995 00 80

                        Portables (00221) 76 395 07 22

                                        (00221) 77 994 15 20

                                        (00221) 77 552 79 32

E-mails : ctgnna@gmail.com,

             cheikh72003@yahoo.fr

 

Fait à Sédhiour, le 05 Juin 2011

 

Présenté par: Cheikh GUEYE

Ingénieur agronome/environnementaliste

Coordinateur URPROFOS

Secrétaire Général APF Fonio-Sénégal

                                                                                                              Blog : http://www.focace.over-blog.coml

Contribution à la Journée Mondiale  de l'Environnement au Sénégal

Introduction à la Connaissance de l’Environnement Sahélien

        La responsabilité de l'Homme: ses pratiques

 

Concept  et  Localisation

Le SAHEL: Terme arabe ou maghrébin désigne Rivage, Côte, Bordure, etc.

Pour nous, bordure méridionale (comparable à une mer…d'aridité). Alors, comme bordure des mers, les littoraux sont des milieux intermédiaires et fluctuants entre terre et mer. Le SAHEL est le rivage intermédiaire entre déserts (espaces arides) et savanes (espaces subhumides).

C'est une donnée fondamentale à saisir chaque fois que l'on veut comprendre les phénomènes concernant les milieux de vie sahéliens.

 Quelle est l'étendue de ce rivage ?

Elle est variable en fonction du critère que l'on se donne: En effet, il y'a:

  • Le Sahel politique: UEMOA, CEDEAO, COMESSA, NEPAD,…
  • le Sahel climatique: isohyètes 100 à 500 mm précipités en moins de 50jours de pluies concentrées sur 3 à 5 mois. Mais ces isohyètes ne sont pas inscrites pour toujours dans l'espace considéré.
  • le Sahel hydrologique,…
  • le Sahel botanique, …

Dans ces conditions, on peut retenir:

·         Une bande large de 200 à 400 km centrée sur 15°N au Sud du Sahara, s'allongeant sur plus de 5.000 km depuis les îles du Cap Vert (Ouest) jusqu'aux confins Tchado soudaniens (Est): c'est à dire Cap Vert, Gambie, une partie du Sénégal, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad.

·         Environ 5,3 millions de km2 formant une unité géographique (climat, végétation, sol, hydrographie, …) et socio-économique (histoire, culture, modes de production,…) assez nette.

·         Plus de 41 millions d'habitants (en 1989) avec un accroissement annuel de 1,9% à 2,9% (CERPOD, 1989), formant les charnières raciales et civilisationnelles entre les afriques arabo-berbère et négro-africaine.

Genèse des environnements naturels sahéliens

Les données paléo environnementales quaternaires (sédimentologie, géomorphologie, paléontologie, archéologie, paléoclimatologie,…) indiquent l'accentuation des traits actuels surtout à partir du dernier million d'année; mais dans une continuité amorcée déjà il y a 10 à 12 millions d'années à la fin du Tertiaire.

Assez précisément depuis 100.000 ans, ces milieux alors déjà semi-arides sont animés d'une double évolution: plusieurs périodicités tantôt vers l'Humidité, tantôt vers l'Aridité; et une aridité progressive.

La mise en place des environnements sahéliens actuels perçue à l'échelle des temps Quaternaires est ainsi caractérisée de façon intrinsèque par des fluctuations écologiques (dégradation / gradation des Ressources Naturelles) dans une tendance à la dégradation.

Aux échelles historiques et contemporaines, on retrouve de façon plus détaillée ces fluctuations du fait de la fraîcheur et de la plus grande précision des enregistreurs écologiques:

  • tradition orale,
  • sources écrites,
  • relevées scientifiques,…

Par exemple:

  • Périodes de raréfaction des ressources: 1680; 1750; 1820; 1830; 1870; 1890; 1900; 1911; 1930; 1941; 1972; 1983; 1988; 1995,…
  • Périodes d'abondance: 1350; 1500; 1650; 1880; 1905; 1936; 1950; 1960; 1980;…

Caractérisation sommaire des environnements actuels

 -         le Climat: à rythme saisonnier contrasté, conséquence d'une dynamique atmosphérique dominée par la translation latitudinale des alizés (mousson / harmattan), et d'une forte insolation.

-          la Végétation: contraction, simplification structurale, appauvrissement floristique, baisse de la productivité du Sud vers le Nord:

  • savane arbustive: 500 / 400 mm,
  • steppe arbustive: 400 / 200 mm,
  • steppe herbeuse: 200 / 100 mm.

-          l'Hydrologie: des taux élevés de ruissellement, des régimes hydrologiques à écoulement épisodiques à temporaires,…

-          les Sols: fragilité et faible fertilité dominent;

-          l'Occupation humaine: très ancienne avec des noyaux de densités bien élevés;…

-          les Activités principales: agriculture et élevage extensifs, pêche, artisanat;…

La responsabilité de l'Homme: ses Pratiques

La problématique l'Amélioration et de la Protection de l'Environnement n'est pas une tâche d'un intérêt quelconque, mais un devoir de l'Homme d'aujourd'hui pour les générations à venir.

Il s'agit donc d'un problème de prise de conscience, d'option pour le développement économique et social par la restauration d'un meilleur équilibre espace / société.

Les processus de dégradation observés sont avant tout un phénomène naturel, lié vraisemblablement d'une part à la nature même du matériau en contact avec l'interface sol / air et d'autre part aux phénomènes cosmiques (système solaire, système galactique, position de la Terre par rapport au Soleil,…).

Par exemple, la Science astronomique (l'astrophysique) a établi que le Soleil est une étoile dont l'âge est estimé à environ 4 milliards d'années et demi. Et que comme pour toutes les étoiles, on peut définir pour lui un stade évolutif (M. BUCAILLE, 1976):

·         le Soleil est actuellement à un premier stade caractérisé par la transformation des atomes d'hydrogène en atomes d'hélium. Ce stade actuel devrait théoriquement durer encore cinq (5) milliards d'années;

·         une deuxième période caractérisée par l'achèvement de la transformation de l'hydrogène en hélium, avec pour conséquence la dilatation des couches externes et le refroidissement du Soleil;

·         un stade final caractérisé par une luminosité fortement diminuée et une densité considérablement élevée (c'est ce que l'on peut observer dans le type d'étoiles auxquelles on a donné le nom de "naines blanches")

Mais on considère souvent que l'Homme n'est pas un facteur naturel parce que son échelle d'intervention par rapport aux autres facteurs naturels est très petite: en effet, par ses PRATIQUES, l'Homme peut, par exemple en trois (3) mois détruire une végétation ou un sol constitué une centaine d'années auparavant.

L'Homme est donc un facteur qui intervient à court terme et sur lequel on peut agir contrairement aux autres facteurs naturels.

En effet, s'il est fait d'éléments décisionnels que déterminent les attitudes économiques, les situations sociales, et les comportements individuels et collectifs; les Pratiques sont les seuls éléments matériels du processus de prise de décision.

Puisse cette Journée Mondiale de l'Environnement de cette ère sociopolitique au Sénégal, et en Afrique impulser une véritable conscience environnementale. Les filles et les fils d’Afrique sont plus que jamais engagés dans l'immense bataille pour parvenir à équilibrer:

·         les besoins de l'Homme,

·         les progrès de la Production,

·         l'évolution de l'Environnement.

 Sur le front de la pauvreté et des conflits politico politiciens, les autorités actuelles marqueront- elles enfin des points ?

 

Des lueurs d'espoir existent, mais il faut une mobilisation de toutes les énergies de l'Homme pour répondre affirmativement.

 

 

 

 

 

                                           

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 10:04

Un mot du Secrétaire Général de l’APF Fonio-Sénégal, Cheikh Guèye

 

Les historiens estiment que l'Afrique a perdu son autosuffisance alimentaire à partir du 17ième siècle. Après l'esclavage, les européens se sont partagés le continent noir dans le cadre du système colonial.

Ainsi, l'Afrique Occidentale Française fût spécialisée en différentes zones de productions agricoles : le Sénégal doit produire l'arachide ; la Côte d'Ivoire doit produire le cacao ; le Mali et la Haute Volta (actuelle Burkina Faso) doivent produire le coton.

Pour ce faire, à l'économie d'auto entretien paysan fût substituée progressivement les cultures de rente telles que l'arachide, le cacao, le coton et plus tard le sésame. Ce qui lança les bases d'une économie monétaire en milieu paysan.

 

Les orientations agricoles initiées depuis la période coloniale, puis les différents programmes et projets qui les ont succédés, ont pour la plupart des cas été plus pernicieuses pour les petits paysans.

En effet, toutes ces politiques se sont traduites dans la plupart des cas par l'endettement paysan, la soudure en milieu paysan et la dégradation des ressources naturelles et de l'environnement.

 

De nos jours, on clame partout, tambours battant, que la nouvelle approche «d’encadrement» des paysans veut donner aux paysans la place qu’ils auraient due occuper depuis toujours !

 

Comment mieux insérer les paysans dans un environnement africain aujourd’hui, qui subit de plein fouet à la fois les crises énergétique, alimentaire, environnementale et financière ?

 

A l’origine de la vie n’existait que l’instinct de vie, avant toute science. Cet instinct de la vie, ce mystère manifesté est la base de toutes les traditions positives qui ont permis au monde paysan de domestiquer les animaux, sélectionner les plantes et permis à l’humanité de se reproduire  et de pérenniser l’existence humaine.

En s’inspirant de ces traditions, on découvre avec émerveillement que certaines techniques traditionnelles millénaires ne sont pas si éloignées de découvertes récentes de la science. Et dans le soubassement philosophique du paysan africain pour partager sa sagesse, la terre est considérée comme le ventre de la femme qui génère la vie par la combinaison secrète de quatre éléments que sont l’air, la lumière, l’eau, la terre.

 

En se fondant sur l’agroécologie et les valeurs humaines positives au service d’un développement intégral de l’homme et de tout homme, l’APF Fonio-Sénégal, s’est engagée avec les paysans et paysannes du Sénégal et des pays sahéliens d’Afrique Occidentale en général, dans une démarche et une vision originale du développement.

 

C’est dans ce contexte que l’APF Fonio-Sénégal s’est engagée depuis sa création en 2005 en Afrique de l’Ouest, à la mise en place d’une filière fonio profitable au monde paysan dans une vision panafricaine du développement.

 

L’APF Fonio-Sénégal a pour but :

 

-       La constitution d’un réseau rassemblant tous les opérateurs de la filière fonio au Sénégal et en Afrique de l’Ouest : producteurs, transformateurs, commerçants, restaurateurs, consommateurs, organisations professionnelles, instituts et centres de recherche, médecins et nutritionnistes, journalistes et toutes personnes ou organisations concernées;

 

-       Mieux faire connaître les efforts et initiatives des opérateurs  engagés dans la promotion de la filière;

 

-       Sensibilisation et lobbying auprès des institutions publiques et des ministères, des organismes de coopération et des organisations non gouvernementales;

 

-       Sensibilisation et animation auprès du grand public et des consommateurs pour une meilleure connaissance des qualités nutritionnelles du fonio, de son importance pour la  sécurité alimentaire, pour l’économie nationale et le patrimoine culturel;

 

-       Sensibilisation  des professionnels de la santé  et de l’agro-alimentaire.

 

Les moyens de l’APF Fonio-Sénégal pour atteindre son but sont :

 

-       Rassembler et capitaliser toutes les ressources concernant le fonio au Sénégal et plus généralement en Afrique de l’Ouest : données, études, pratiques, techniques, usages et recettes, aspects  culturels et cérémoniels, folklore et tradition;

 

-       Formation et appui aux porteurs de projets concernant la filière fonio;

 

-       Création d’événements (dégustation et ateliers) pour la promotion du fonio ou participation à des manifestions (foire, colloques, séminaires);

 

-       Réalisation d’un périodique semestriel et de publications diverses (imprimés et multimédia);

 

-       Mise en réseau avec d’autres collectifs et partenaires en Afrique de l’Ouest et à l'International.

 

L’article qui va suivre ce mot du Secrétaire Général et fondateur de l’APF Fonio-Sénégal, est une capitalisation de l’étude/analyse des pratiques paysannes de culture du fonio de 2003 à 2010 au Sénégal, au Burkina Faso et au Togo.

 

L’étude des pratiques culturales est un préalable et un outil de suivi qui, contrairement à ce que l’on croît est loin d’être acquis dans de nombreux programmes et projets. En effet, que sait-on de la modalité, de l’efficacité et de l’opportunité de la culture du fonio dans ces zones du Sahel ? Que sait-on des techniques paysannes post-récoltes du fonio ? etc. Or, c’est précisément ces pratiques que nous nous proposons également d’améliorer notamment avec les productrices (teurs) individuels, les groupements villageois de productrices (teurs) de fonio, dans le cadre de l’APF Fonio-Sénégal.

 

--

Cheikh GUEYE

Ingénieur agronome / Environnementaliste

Coordinateur URPROFOS [Union Régionale des PROductrices/teurs de FOnio de Sédhiou]

BP 28 Sédhiou

SENEGAL

Contact: Fixe: (00221) 33 995 00 80  Cell:  (00221) 77 994 15 20

Mail:     ctgnna@gmail.com

              cheikh72003@yahoo.fr

        urprofos@sunumail.sn

            apfilierefoniosenegal@sunumail.sn

        http://www.linkedin.com/profile/edit?id=92065115&trk=welc_em1fr

Secrétaire Général APF Fonio Sénégal [Association pour la Promotion de la Filière Fonio au Sénégal - Récépissé d'Association N°12 305/M.INT/DAGAT/DEL/AS du 28/11/2005]

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 15:47

Enjeux et perspectives de l’établissement d’un essai de l’introduction de la culture du teff (Eragrostis tef) à Anima, un village en zone de montagnes dans la Préfecture de Doufelgou dans la région de la Kara (Togo).

 

Nous allons aborder ce projet d’essai de la culture du teff au village d’Anima sous deux (02) angles :

 

-       Celui de la germination et de l’établissement des plantes de teff sur les parcelles d’essai de culture ;

 

-       Celui de l’intérêt et de l’engagement des producteurs à adopter cette innovation qui est l’introduction de la culture de teff dans les systèmes de production agricole.

 

 

  1. La germination et établissement des plantes de teff dans les parcelles d’essai

 

Les déterminants de l’établissement du teff dans les parcelles d’essai se réfèrent :

 

ü  aux caractéristiques intrinsèques des semences notamment à leurs propriétés germinatives,

 

ü  aux conditions écologiques qui prévalent au moment des levées,

 

ü  aux phénomènes de concurrence qui s’établissent entre plantules au cours de la période de pluies irrégulières.

 

1.1.         Les propriétés germinatives des semences

 

Le taux de viabilité (pourcentage de semences morphologiquement entières et théoriquement fertiles) est de l’ordre de 70 à 90% pour la plupart des graminées annuelles dont le teff.

Ces semences peuvent cependant conserver leur fertilité pendant plusieurs années en fonction des conditions de température de conservation (30°C, faible humidité atmosphérique, semences protégées par leurs téguments).

A quelques exceptions près comme le petit mil, le pouvoir germinatif des semences nouvellement disséminées, morphologiquement mûres et placées dans des conditions de température et d’humidité favorables à la germination reste faible (0 à 20%).

L’application aux semences d’un certain nombre de prétraitements tels que scarification, eau bouillante, acide sulfurique, chaleur sèche en continue et/ou en alternance, lavage, permet d’améliorer significativement leurs capacités et leurs vitesses de germination en levant les barrières physiques, chimiques et physiologiques à la germination.

Aussi, un lavage pendant 24h chez Eragrostis tremula, favorise sa germination. Ce qui suggère ainsi la présence de substances inhibitrices dans les glumelles de cette espèce : inhibition de la germination due à l’imperméabilité des enveloppes séminales (péricarpes, téguments, glumelles des graminées).

Cette inhibition exogène est facilement levée par tout prétraitement qui vise à diminuer la résistance des téguments.

 

A cette inhibition exogène s’ajoute chez la plupart des graines, l’existence d’une dormance (absence de germination due à l’embryon). Les semences subissent donc au cours de la saison sèche une post maturation. Cette maturation physiologique se produit postérieurement à la maturation morphologique qui est la phase d’élaboration des éléments constitutifs de la semence. Elle correspond à la levée d’une inhibition exogène et d’une dormance. Cette levée est à mettre en relation :

ü  soit avec l’apparition de fortes chaleurs,

ü  soit avec de grosses averses,

ü  soit encore avec des alternances de phases sèches et de phases humides.

 

 

1.2.         Les caractéristiques de la levée

 

C’est la quantité de pluie et son rythme qui constituent le stimulus de la levée des plantules. Les vagues de levées succèdent généralement aux épisodes pluvieux de 10 à 20 mm au moins et à l’accroissement de l’humidité du sol. En effet, la quantité de pluie nécessaire à la levée doit compenser l’évapotranspiration du délai de germination (2 à 7 jours).

Dès lors, il faut distinguer la quantité de pluie nécessaire à la levée, celle qui assure l’établissement des plantules et, a fortiori, celle qui permet la réalisation du cycle de vie des plantes.

 

L’établissement de la culture sur les parcelles d’essai se caractérise donc par des vagues successives de levées, qui traduisent :

ü  l’hétérogénéité des facteurs du milieu, distribution des averses, micro variations du substrat, qui engendrent des conditions hydriques différentes pour une même quantité de pluie tombée ;

ü  l’hétérogénéité de la position des semences dans le sol : les premières plantules correspondent généralement à des semences enfouies n’ayant pas subies trop de variations d’humidité, tandis que celles qui s’accumulent en surface germent plus tardivement ;

ü  l’hétérogénéité des semences : les différents types morphologiques de semences d’une même espèce présentent des aptitudes différentes à la germination.

 

 

1.3.         Taux de survie. Phénomènes de concurrence

 

L’importante réduction de la densité de plantules au cours du temps suggère qu’une sévère sélection s’exerce sur les jeunes plantules sous l’action des contraintes hydriques et de la concurrence entre les plantules.

Des études ont montré que le nombre de plantules qui atteignent le stade adulte varie entre 8 à 50% du nombre total des levées chez la plupart graminées herbacées.

 

On peut dès lors affirmer que l’établissement du teff dans les parcelles d’essai ne sera favorisé que par un certain nombre d’adaptations aux conditions écologiques. Celles-ci se situent à 2 niveaux :

Ø  L’adaptation à la contrainte sécheresse, effet permanent des conditions d’aridité ;

Ø  L’adaptation au risque sécheresse, c'est-à-dire au caractère aléatoire des conditions édapho-pluviométriques qui règnent dans les parcelles au moment de la phase de levée et d’établissement de la culture.

 

 

  1. Intérêt et engagement des producteurs à adopter cette innovation qui est l’introduction de la culture de teff dans les systèmes de production agricole

 

L’intérêt et l’engagement des producteurs à adopter la culture du teff dans leurs systèmes de production sont confrontés à la levée de plusieurs risques à savoir :

 

Ø  L’utilité du teff pour l’alimentation humaine : Les enquêtes ont montré que la première condition pour accepter l’introduction de la culture du teff dans le village d’Anima est sa contribution à l’alimentation humaine ainsi que la facilité de préparation après les récoltes c'est-à-dire, vérifier que la graine ne nécessite pas la torréfaction ni le pilage fastidieux effectués par les femmes à l’image du fonio qui constitue leur nourriture de base. C’est pourquoi, le chef de village et ses notables avec quelques producteurs n’ont pas hésité à faire bouillir une certaine quantité qu’ils ont goûtée et appréciée au bout du compte.

 

Ø  Le deuxième risque est de l’ordre de la priorité à accorder à l’innovation que constitue l’introduction de la culture du teff dans les systèmes de production traditionnels. En effet, l’intérêt du semis au cours de la première année d’expérimentation est conservatoire c'est-à-dire plus centré sur les cultures traditionnelles alimentaires de base (fonio, mil, maïs, sorgho) que sur une nouvelle culture. Dans un contexte de culture manuelle où la main d’œuvre agricole semble assez chargée, la priorité ne peut pas être accordée à une nouvelle culture dès la première année au détriment des cultures principales denrées traditionnelles de base.

 

Toutefois, un intérêt a été manifesté par les producteurs, en ce qui concerne notamment la globalité du projet. En clair, si le teff peut constituer une nourriture pour la population, les projets d’accompagnement qu’il engendreraient (santé, éducation, écologie, etc.) pourraient amener à spécialiser progressivement certains producteurs quand on sait qu’il pourrait constituer une source de revenus monétaires supplémentaires dans la perspective d’une filière de production à l’exportation.

 

 

Cheikh Guèye

Ingénieur agronome/Environnementaliste

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 15:41

Présentation du teff

Eragrostis tef

 

 

 

I.              Origine du teff

 

Le teff est originaire d’Ethiopie. Il y est présent sous forme sauvage dans l’ensemble du pays. Comme culture vivrière, le teff n’est cultivé qu’en Ethiopie où il constitue la denrée alimentaire de base des zones montagneuses.

 

 

II.            Description

 

Eragrostis tef (2n=40) est une graminée annuelle de la famille des Poacées et de la tribu des Eragrostidées. C’est une plante C4 pourvue d’une fine tige et de longues feuilles lisses et étroites. Le terme C4 signifie que le premier produit de la photosynthèse est un composé à quatre atomes de carbone. En cas de température et de luminosité élevées, les plantes C4 sont plus efficaces en production d’hydrate de carbone que les plantes C3. Le maïs, le sorgho et le mil sont d’autres céréales C4. Le teff talle librement, atteint une hauteur de 30 à 155 cm et développe un solide système racinaire.

 

L’inflorescence est une panicule[1], d’une longueur de 14 à 65 cm avec de longues branches fines et tombantes, alternes ou unilatérales. La forme de la panicule dépend de la variété et peut être lâche, semi compacte ou compacte. La panicule contient de très petites graines (2 500 à 3 000), de couleur blanche ou rougeâtre selon la variété. Le teff se propage par autopollinisation. Le pollen est dégagé durant les premières heures de la matinée. Le caryopse (ou grain) est nu.

 

III.           Aire de culture

 

Les principaux centres de production se situent en Ethiopie, dans les zones montagneuses ou à moyenne altitude. Le teff est cultivé sur quelques 1,4 millions d’hectares dans les régions de Gojam, Shewa, Arsi, Wellega et Welo. Environ 30% des terres agricoles éthiopiennes sont consacrées au teff.

 

Les efforts consentis pour convertir les grandes étendues de terres de teff en champs de blé ou de maïs ont échouées, car le maïs et le blé n’ont pu résister ni à la sècheresse récurrente, ni à la saturation des sols en eau, auxquels le teff est bien adapté.

 

 

IV.           Exigences écologiques

 

Le teff est cultivé à des altitudes comprises entre 300 et 2 800 m au dessus du niveau de la mer, mais les meilleurs rendements sont obtenus à des altitudes entre 1 700 et 2 200 m.

Le teff brun se développe convenablement jusqu’à 2 800 m. La température moyenne durant la période de croissance varie de 10 à 27°C, la température basse étant nécessaire durant la pollinisation. La température minimum ne doit pas descendre en dessous de 4°C.

 

Une pluviosité optimale pour la production du teff avoisine les 450 à 550 mm. La durée de la période de croissance du teff ou nombre de jours requis pour atteindre la maturité, si on prend en compte la pluviosité et l’évapotranspiration de 2 à 6 mm/jour, s’étend de 60 à 180 jours.

 

Certaines variétés de teff poussent mieux sur les sols correctement drainés, profonds et formés d’argile rouge (Nitisols) dans la partie supérieure des zones montagneuses éthiopiennes. De vastes zones d’argiles noires craquelées (Vertisols) saturées d’eau durant la saison des pluies sont également consacrées au teff. Bien que la plante fasse preuve d’une certaine tolérance à une humidité excessive du sol, des augmentations de rendements considérables ont été obtenues en plantant sur billons pour permettre un meilleur drainage. Sur les sols lourds, le teff est le plus souvent semé à la fin de la saison des pluies ; il mûrit de la sorte sur l’humidité résiduelle du sol.

 

 

V.            La culture du teff

 

Le teff n’est cultivé que par les petits exploitants agricoles. Ils pratiquent l’agriculture mixte sur 1 à 4 hectares de terre et cultivent le teff en rotation avec d’autres cultures comme le pois chiche, la féverole, le pois fourrager, l’orge, le blé, le lin, la lentille, l’avoine.

Le teff est, parmi les céréales cultivées par l’agriculteur éthiopien, celle qui exige le plus de soins.

 

-       Préparation du terrain : Elle commence dès le début de la petite saison des pluies. Le nombre de labours avec la charrue à bœufs locale, dépend du type de sol et de la région. Sur les vertisols, plusieurs labours sont nécessaires. Les Nitisols par contre requièrent peu. Seuls les sols lourds saturés d’eau sont préparés de cette manière. L’application de la fumure organique entraîne une augmentation significative du rendement de production et au maintien de la fertilité du sol.

 

-       Le semis : Les semences (25 à 30 kg/ha) sont semées à la volée. Elles sont ensuite légèrement recouvertes de terre, à l’aide de rameaux tenus à la main. Sur un terrain vallonné, des tranchées superficielles sont creusées à travers la pente pour drainer les eaux d’écoulement et éviter que les semences ne soient emportées par l’eau. Le plus souvent, le teff est cultivé en peuplement pur, mais dans certaines régions en Ethiopie, on pratique la culture intercalaire avec le maïs et d’autres cultures.

 

-       Entretiens culturaux : Une lutte efficace contre les adventices, 20 à 30 jours après la levée, est décisive pour le bon développement du teff. Un second sarclage est généralement nécessaire quatre (04) semaines plus tard environ, lorsque la tige est en phase d’élongation. Une fois que le teff est bien établi, il concurrence les adventices et peut être considéré comme un désherbant naturel, caractéristique utile pour les systèmes de rotation pratiqués dans les zones montagneuses éthiopiennes notamment. Les apports minéraux nécessaires à l’hectare (par la fumure organique puisque l’on se situe dans la perspective d’une agriculture naturelle ou biologique) sur des sols légers sont de l’ordre de 25 à 40 kg de N et de 30 à 40 kg de P2O5. L’augmentation de rendement peut ainsi atteindre entre 1 à 1,5 tonnes à l’hectare. L’excès d’engrais azoté et les fortes pluies engendrent souvent la verse. Et lorsque celle-ci survient tard dans la saison, la qualité du grain peut se détériorer en raison des infections cryptogamiques et éventuellement des mycotoxines. Un tel grain devient impropre à la consommation humaine.

Le teff est relativement résistant aux maladies et aux ravageurs tant avant qu’après la récolte. L’absence de ravageurs dans le grain stocké s’explique par la petite taille des grains et par leur surface lisse.

 

-       La récolte : Afin d’éviter l’égrenage spontané, les plantes sont coupées (à la faucille) avant qu’elles ne soient complètement sèches et sont disposées en petites meules.

 

-       Le battage et le vannage : Traditionnellement, le battage a lieu soit dans le champ soit à côté des maisons : les panicules sont piétinées ou battues sur un terrain bien compacté à cet effet. Le vannage se fait à l’aide de calebasses et de paniers plats.

 

-       Rendement : Les rendements en grain varient entre 300 à 3 000 kg/ha. Le teff produit également plus de 3 t/ha de paille de grande valeur.

 

 

VI.           Composition

 

Le grain est riche en hydrate de carbone (74%), fer, potassium, calcium et phosphore, et la teneur en protéines est de 11%.

 

 

VII.         Usages

 

Une pâte préparée avec la farine de teff et de l’eau est mise en fermentation durant quelques jours. Elle est ensuite utilisée pour cuire les crêpes de 40 à 70 cm de diamètre.

Cet aliment dénommé l’injera est l’aliment de base de la population éthiopienne. La qualité de l’injera dépend de la variété de teff et de la période de fermentation. L’injera fabriquée à partir d’un teff blanc fermenté pendant une courte période est la plus appréciée par la population locale.

 

La paille de teff est mélangée à l’argile pour le plâtrage, la fabrication de briques, de fourneaux, de greniers, de lits ou en poteries. Il est utilisé pour le foin en Afrique du Sud et comme fourrage vert en Inde et au Maroc.

 

Le grain stocké est résistant aux ravageurs, ce qui présente une garantie appréciable contre la famine.



[1] Inflorescence dont les groupes de fleurs (épillets) sont pédonculés et disposés le long d’un axe. (Ne pas confondre avec l’épi, dont les fleurs sont sessiles).

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:38

Marché et Solidarité pour un Développement Durable

Penser que le marché est intrinsèquement mauvais, fondamentalement antidémocratique est une faiblesse théorique des conservateurs de la « résistance au marché ».

Bien entendu nombre de formes et de mécanismes actuels des marchés sont porteurs d’oppressions, d’inégalités et de non-démocratie.

Pour autant, l’on peut considérer la construction sociale du marché comme une conquête de la modernité pour son apport en termes d’efficacité économique mais aussi d’éthique.

L’échange marchand permet une gestion précise du rapport coût/avantage. Il se présente par rapport au don/contre-don comme un « saucissonnage » des transactions. Il maintient une forme de réciprocité, mais particulière : une réciprocité stricte, mesurée sous condition de solvabilité, avec calcul conscient, explicite, etc.

Le marché doit donc être accepté et utilisé comme forme d’organisation progressiste. Mais de multiples formes de marchés peuvent exister.

Le marché n’est pas une organisation unique, autonome, toujours identique à elle-même, impulsant toujours le même type de fonctionnement et de développement : il y’a des logiques de marché, différentes selon les configurations globales existantes par exemple :

·         le marché des années 50/60 n’a pas la même logique de fonctionnement et pas le même type de dynamique que le marché des années 2010 ;

·         le marché du travail des enfants du 19ième siècle en Europe ou du 20ième siècle en Amérique Latine n’a pas la même logique de fonctionnement et de développement que le marché du travail des trente Glorieuses en Europe ;

·         le marché des bras valides africains de la période de l’esclavage (14ième -16ième siècle) n’a pas la même configuration de celle des 20ième et 21ième siècle. Etc.

Si le marché est porteur d’une certaine logique structurelle :

ü  échangeabilité universelle,

ü  la mesure et le calcul des coûts et avantages marchands,

ü  la recherche de l’économie de coûts, etc.

Dès lors, sa relation aux autres logiques sociales en modifie en partie la logique.

Il est donc temps de s’attaquer aux formes de fonctionnement des marchés et des entreprises, au moins de s’interroger sur la possibilité de démocratiser le fonctionnement d’une économie de marché.

Il convient d’abord de rompre avec l’analyse standard du marché, développée par l’approche néo-classique, et qui fait du marché un ensemble d’échanges inter-individuels.  

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 09:42

La solidarité constitue l'une des conquêtes les plus fragiles de la société humaine et en m^me temps l'une des plus sûrs garants de sa pérennité.

La mondialisation peut être percue comme l'action simultannée des forces uniformisantes (circulation des produits, des capitaux, etc.) sur des éléments différents (sociétés humaines, Etats, groupes, associations et organisations, ...).

C'est donc la résultante de facteurs très complexes non homogènes, dans la mesure où ils entremêlent le commercial, le politique, l'écologique, le culturel, les technologies, etc.

Dès lors, la mondialisation doit être percue comme cette tendance lourde qui naît de toutes les forces souterraines et superficielles contribuant à forger le destin du monde.

Sur le plan historique, elle peut s'entendre comme une transition soit vers une FUSION dans une civilisation panhumaine, soit vers un nouveau monde ECLATE, soit vers un EMPIRE-MONDE placé sous la haute surveillance d'une superpuissance garante du bon fonctionnement de son ordre impérial, soit vers d'AUTRES DIRECTIONS que nul aujourd'hui ne peut imaginer.

Alors face à un monde actuel caractérisé par le libre entreprise et la mondialisation, l'Afrique semble crouler sous des problèmes du fait:

  • qu'elle a été maintenu pendant longtemps sous un rapport de domination,
  • des politiques néolibérales,

Mais des raisons d'espérer abondent:

  • les espaces de liberté se multiplient (presse, groupes, associations et organisations locales, etc.)
  • les pratiques sociales, économiques et culturelles solidaires existent.

La situation actuelle de l'Afrique (sahélienne en particulier parceque je suis sahélien !) se traduit par le tryptique suivant:

  • la gestion du quotidien (survie et non mieux vivre encore moins le mieux être à plus forte raison le mieux avoir),
  • l'endettement (dette),
  • la nécessité d'investissement productif.

Malheureusement ou heureusement ces trois composantes-phénomènes sont traversées par le MARCHE.

Que pouvons-nous apporter pour infléchir les choses au service de lhumanité toute entière ? Venez voir et venez participer aux actions de l'APF Fonio-Sénégal (association pour la promotion de la filière fonio au sénégal) en Moyenne Casamance (nouvelle région administrative de Sédhiou) au Sénégal.

-- 

Cheikh GUEYE
Ingénieur agronome / Environnementaliste
Coordinateur URPROFOS [Union Régionale des PROductrices/teurs de FOnio de Sédhiou]
BP 28 Sédhiou
SENEGAL
Contact: Fixe: (00221) 33 995 00 80  Cell:  (00221) 77 994 15 20
Mail:      ctgnna@gmail.com
              cheikh72003@yahoo.fr
Secrétaire Général APF Fonio Sénégal [Association pour la Promotion de la Filière Fonio au Sénégal - Récépissé d'Association N°12 305/M.INT/DAGAT/DEL/AS du 28/11/2005]
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